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Réseau Sélection: vieillir en Chine comme au Québec

Le président de Réseau Sélection, Réal Bouclin (3e... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Le président de Réseau Sélection, Réal Bouclin (3e à partir de la droite), prévoit implanter des résidences pour personnes âgées en Chine d'ici deux à cinq ans. Une importante délégation chinoise, comprenant des hauts responsables du gouvernement, a visité hier deux propriétés du groupe à Montréal.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Après avoir annoncé un plan d'expansion de 3 milliards de dollars en Amérique du Nord l'an dernier, l'entreprise québécoise Réseau Sélection est maintenant en « négociations avancées » en vue d'implanter des résidences pour personnes âgées en Chine d'ici deux à cinq ans.

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Les pourparlers entre Réseau Sélection et ses partenaires chinois se font par l’entremise du jeune groupe québécois Omnia, qui détient plusieurs contacts dans l’empire du Milieu.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Une importante délégation chinoise, comprenant des hauts responsables du gouvernement, a visité hier deux propriétés du groupe à Montréal, en marge du forum C2 Montréal. Les responsables espèrent signer de façon imminente un accord de développement avec Réseau Sélection en vue de construire un complexe privé pour aînés à Shanghai. La société québécoise est aussi pressentie par Pékin pour moderniser 300 résidences publiques à l'échelle du pays.

« Le principal focus de notre délégation est de s'intéresser aux soins des personnes âgées, a expliqué à La Presse Wanyong Zhu, directeur de la délégation chinoise et l'un des hauts responsables des soins aux aînés dans le gouvernement chinois. Notre mandat est d'en apprendre le plus possible, le plus vite possible. »

AVANT L'AUTOMNE

Les pourparlers entre Réseau Sélection et ses partenaires chinois se font par l'entremise du jeune groupe québécois Omnia, qui détient plusieurs contacts dans l'empire du Milieu. Les discussions ont été entamées il y a deux ans et sont aujourd'hui à un stade « avancé », a indiqué hier Réal Bouclin, président de Réseau Sélection.

« On est rendu en vérification diligente avec les partenaires chinois. On a confiance que ce soit finalisé avant l'automne. » - Réal Bouclin, président de Réseau Sélection

Selon la teneur actuelle des négociations, Réseau Sélection sera partenaire majoritaire dans les projets visés en Chine. Réal Bouclin refuse de confirmer les investissements prévus, mais laisse entendre qu'ils compteront parmi les plus importants jamais réalisés par le groupe qu'il a fondé il y a 25 ans.

« C'est clair qu'on n'ira pas pour de petits projets », a-t-il commenté en marge de la visite de la délégation chinoise à la résidence Rosemont Les Quartiers, que son entreprise vient tout juste d'inaugurer.

GROSSE BOUCHÉE

Quasi inconnu du grand public il y a deux ans, Réseau Sélection a mis le pied sur l'accélérateur depuis. Le groupe intégré - qui conçoit, bâtit et exploite lui-même ses résidences - a annoncé l'an dernier un plan d'investissement de 2 milliards au Québec sur cinq ans, qui servira à bâtir 30 nouveaux complexes pour aînés. L'entreprise a par la suite confirmé l'injection de 1 milliard de plus au Canada anglais et aux États-Unis.

Réal Bouclin insiste pour dire que le principal « focus » de l'entreprise reste pour l'instant en Amérique du Nord, même si le projet chinois est avancé. « Ce qui va se faire en Chine, c'est du moyen terme, d'ici deux à cinq ans. »

POTENTIEL IMMENSE

Quoi qu'il en soit, le « marché gris » recèle un potentiel immense en Chine, où près de 300 millions de citoyens sont aujourd'hui âgés de 60 ans et plus. Alors que les aînés demeuraient traditionnellement chez leurs enfants jusqu'à leur mort, la politique de l'enfant unique, implantée en 1978, a bousculé les anciennes façons de faire - et créé un nouveau besoin pour l'hébergement.

Lin Yang, chef de cabinet du ministre chinois des Aînés, qui prend part à la mission montréalaise, explique que l'arrivée prochaine de dizaines de millions de Chinois à la retraite a entraîné « l'urgence » de revoir toute la politique de soins aux personnes âgées. « C'est vraiment la priorité numéro 1 du gouvernement. »

En parallèle, la forte croissance économique des dernières décennies a favorisé l'émergence d'une classe aisée dans les grandes villes comme Pékin et Shanghai. Une classe capable de payer pour un appartement dans un complexe pour retraités actifs. « Ce qu'on veut implanter, c'est un système dualiste où il y aurait des résidences publiques et d'autres privées, a souligné M. Yang. Le gouvernement encourage l'injection de capitaux étrangers dans ce secteur. »

Et pourquoi se tourner vers le Québec ? Malgré sa taille lilliputienne en comparaison du géant chinois, la province est reconnue comme une pionnière dans le segment des résidences pour personnes âgées actives. Près de 20 % des gens de 75 ans et plus vivent dans de tels complexes, contre 5 % en moyenne au Canada anglais et dans le Nord-Est américain, selon diverses statistiques. Une mine de savoir-faire pour les Chinois, où ce créneau est encore embryonnaire.

« Ce qu'ils [Réseau Sélection] ont fait au Québec constitue un excellent modèle d'affaires pour le marché chinois, a fait valoir Zeqing Chen, vice-président d'Omnia. La Chine est un des plus grands marchés pour les soins destinés aux personnes âgées, et cela ne fait que commencer. »

Les dirigeants de Réseau Sélection prévoient se rendre en Chine l'automne prochain pour peaufiner leur stratégie de développement.




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