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Immobilier commercial: baisse de prix à prévoir au Canada

Mark Rose, président et chef de la direction... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Mark Rose, président et chef de la direction d'Avison Young, une firme de courtage de Toronto qui est passée de 11 à 56 bureaux en Amérique du Nord et en Europe depuis 3 ans et demi.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

L'immobilier commercial au Canada n'aura pas le choix de s'ajuster au relèvement inévitable des taux d'intérêt, croit le patron de la firme de courtage qui connaît la plus forte croissance au pays, ce qui se traduira par une baisse temporaire des prix des immeubles. Une correction salutaire, selon lui.

L'Américain Mark Rose, président et chef de la direction d'Avison Young, croit que les taux remonteront pour de bon au Canada dès que le gouvernement fédéral reviendra en situation de surplus budgétaire, ce qui est attendu en 2015. «Il y aura un rajustement temporaire du prix des propriétés qui pourrait durer une bonne année», dit-il dans une entrevue à La Presse Affaires.

L'industrie s'attend en effet à une remontée des taux d'ici la fin de 2015.

Au cours d'une présentation au Sommet immobilier de Montréal le 1er avril dernier, Andrée Roy, directrice régionale, Québec et est du Canada, d'Otéra Capital, a montré un tableau de prévisions selon lequel le rendement des obligations de 10 ans va évoluer dans une fourchette de 3,40 à 3,77% au quatrième trimestre de 2015. Actuellement, le rendement fluctue entre 2,50 et 2,90% au deuxième trimestre de 2014. Otéra est un prêteur hypothécaire appartenant à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Mark Rose est d'avis que le plancher a été atteint au Canada en termes de rendement immobilier, ce qui n'empêche pas le marché canadien de demeurer un modèle de stabilité aux yeux des investisseurs immobiliers internationaux, précise-t-il.

Le taux global d'actualisation (TGA), ou cap rate, est une estimation du rendement qu'un propriétaire obtient avec son immeuble. Il se calcule en divisant le revenu net d'exploitation d'un immeuble par le prix payé à l'achat de celui-ci. Plus les prix sont chers, plus le rendement est faible, et vice versa.

Par exemple, les centres commerciaux régionaux, des centres de grande superficie alignant les détaillants les plus performants, se sont vendus au cours des 12 derniers mois à des TGA inférieurs à 6%. Ce fut le cas du Carrefour de l'Estrie, pour lequel la Caisse a payé 362 millions de dollars à l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada pour 50% de la propriété, ce qui donne un TGA de 5,5%.

Les rendements meilleurs aux États-Unis

«Les TGA sont probablement un peu trop bas au Canada en ce moment», convient M. Rose. Une situation qui s'explique aisément. Le marché immobilier canadien a le mieux fait parmi les pays développés depuis 2008. Les valeurs ont dépassé les sommets de 2007 depuis au moins 18 mois au Canada.

Les investisseurs internationaux à la recherche de rendement se tournent du côté des États-Unis et de l'Europe, où le rattrapage se fait plus lentement qu'au Canada.

M. Rose souligne que les sociétés immobilières canadiennes, notamment les filiales des grandes caisses de retraite, ont investi pas moins de 12 milliards aux États-Unis en 2013. Un fait d'armes qui a fait du Canada le premier investisseur étranger sur le marché américain l'an dernier.

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Avison Young met le pied en Europe

Société canadienne, Avison Young, qui existe depuis 1978, est la société de courtage connaissant la plus forte croissance dans le monde, soutient Mark Rose, son président et chef de la direction. «Nous avons réalisé 25 transactions en 3 ans et demi», dit-il, dans une entrevue accordée à La Presse Affaires. M. Rose est arrivé chez Avison Young en 2008. L'équipe comptait alors 11 bureaux, tous au Canada, 53 associés et employait 293 personnes. Au cours des années subséquentes, sous la gouverne de M. Rose, la société s'est développée aux États-Unis, où elle a ajouté 40 bureaux. Le 1er avril dernier, la société privée canadienne achetait Haywards de Londres, un cabinet boutique d'une vingtaine d'employés, dans le cadre de sa stratégie d'expansion en Europe. L'Asie devrait suivre en 2015 ou 2016.La croissance est financée par les fonds autogénérés. Les associés ont aussi injecté 20 millions en 5 ans, et la firme de capitaux privés Tricor Pacific Capital a injecté 40 millions en octobre 2011. Aujourd'hui, Avison Young compte 56 bureaux, 200 associés et 1600 employés. La société se classe au troisième rang au Canada en termes de parts de marchés, soutient M. Rose. Le bureau montréalais est dirigé par Laurent Benarrous.

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Qui est Mark Rose?

Âgé de 50 ans, Mark Rose est un surdoué du monde des affaires. Entré à l'université à 16 ans, le New-Yorkais de naissance est devenu PDG d'une fiducie de placement immobilier (REIT) à 28 ans. Il a par la suite travaillé chez Jones Lang, devenue Jones Lang LaSalle, et chez Grubb&Ellis jusqu'à sa vente en 2007 à Triple Net Properties. Comme grand patron d'Avison Young, il partage son temps entre Chicago et le siège social de Toronto.




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