Le fonds d'investissement Blackstone est en plein remaniement de son énorme portefeuille immobilier et accélère les ventes d'actifs aux États-Unis pour en acquérir de nouveaux en Europe ou en Asie.

Publié le 23 août 2013
Véronique DUPONT AGENCE FRANCE-PRESSE

En tout, Blackstone détient 64 milliards de dollars d'actifs immobiliers sous gestion, le plus gros portefeuille au monde du secteur.

Depuis quelques semaines, le fonds a démarré de grandes manoeuvres sectorielles. «Nous sommes dans une période au cours de laquelle vous pouvez vous attendre à voir la (monétisation des actifs) immobiliers s'accélérer», a souligné Tony James, directeur d'exploitation de Blackstone, lors d'une conférence d'analystes en marge de la parution des résultats trimestriels du groupe en juillet.

En tout, le groupe a «levé 14 milliards de dollars au deuxième trimestre dont l'essentiel va aux activités immobilières et aux activités de crédit», a précisé Steve Schwartzman, le PDG du fonds, lors de la même conférence d'analystes.

Aux États-Unis, Blackstone, le premier propriétaire hôtelier du pays, travaille ainsi à l'introduction boursière d'Hilton Worldwide, son plus gros actif immobilier, racheté en 2007 pour 25 milliards de dollars dette comprise. Il veut aussi se séparer des hôtels La Quinta, acquis en 2006 et évalués autour de 4,5 milliards de dollars.

En outre, Blackstone veut mettre en Bourse les supermarchés Brixmor et le groupe américain Extended Stay Hotels, spécialisé dans les séjours de longue durée et dont il est l'un des propriétaires.

Blackstone procède toutefois à quelques acquisitions, comme le rachat de 30 000 appartements valorisés autour de 2,7 milliards de dollars au conglomérat industriel General Electric, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier la semaine dernière.

Des fonds immobiliers en Europe et Asie

Lors de la conférence d'analystes du mois dernier, M. Schwartzman a expliqué qu'aux États-Unis «les marchés sont plus sains, les propriétés vont mieux et les marchés du crédit sont très accommodants».

«En Europe au contraire, je ne pense pas que cela arrive. Il y a beaucoup (d'actifs) sous pression» et «les gens commencent à le réaliser et mettent beaucoup d'actifs en vente».

Le groupe a lui-même cédé sa part de 50 % du grand ensemble de bureaux londonien Broadgate pour 2,7 milliards de dollars au fonds souverain de Singapour GIC, a-t-on appris jeudi.

Mais Blackstone a parallèlement lancé un fonds d'investissement européen dans l'immobilier de 5 milliards de dollars, a confirmé à l'AFP une source proche du dossier.

Toujours en Amérique du Nord, Blackstone a acquis aux côtés de la Caisse de dépôt du Québec des créances sur les actionnaires espagnols défaillants de la société foncière française Gecina.

En Asie, «dans l'immobilier, nous avons vu notre premier fonds asiatique dans la région lever 1,5 milliard de dollars, ce qui marque un accueil enthousiaste des investisseurs», a indiqué M. Schwartzman.

Selon le Wall Street Journal, il serait parallèlement en négociations pour racheter le groupe de construction de Hong Kong Tysan pour 2,5 milliards de dollars.

Ailleurs dans les pays émergents, Blackstone a annoncé ces derniers mois qu'il avait acquis, associé au groupe de résidences de luxe brésilien Patria, le promoteur brésilien de résidences de luxe Alphaville Urbanismo pour un milliard de dollars. C'est son plus gros investissement à ce jour dans le géant sud-américain.