Les prix de l'immobilier se sont stabilisés depuis deux mois aux États-Unis, mais cette apparente bonne nouvelle en cache une autre : sur un an, la valeur de revente moyenne demeure en forte baisse.

Mis à jour le 27 juill. 2011
Maxime Bergeron LA PRESSE

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Les prix ont reculé de 4,5 % entre mai 2010 et mai 2011 dans les 20 plus grandes villes du pays, indique l'indice mensuel S&P/Case-Schiller publié hier. Et la petite accalmie du printemps, après neuf baisses mensuelles d'affilée, ne permet absolument pas de se réjouir.

« Il faudra voir le prix des maisons croître de façon soutenue pendant plusieurs mois et voir de meilleurs résultats annuels avant de pouvoir confirmer une reprise du marché immobilier «, a avancé David Blitzer, président du comité de l'indice chez Standard & Poor's, dans le rapport.

M. Blitzer se montre pessimiste pour la suite des choses. Selon lui, « la route pourrait être longue « avant d'assister à une véritable remontée de l'immobilier.

Il faut dire que le portrait publié hier est loin d'être réjouissant. Sur les 20 plus grandes villes américaines, seul Washington a enregistré une légère hausse des prix sur un an ("1,3 %).

Plusieurs villes du Sud, dont Phoenix, Las Vegas et Tampa, ont continué à afficher des reculs marqués (entre 6,6 % et 9,5 %), tandis que des agglomérations du Nord ont aussi fait piètre figure. Portland, en Oregon, a ainsi vu ses prix baisser de 9,5 %, et Minneapolis a enregistré le pire repli de tout le pays, soit 11,7 %.

Les maisons de Detroit, Vegas et Tampa - trois des villes « phares « de la crise - se vendent aujourd'hui entre 48 % et 59 % moins cher qu'au sommet de 2005-2006. Le prix médian d'une propriété aux États-Unis était de 184 300 $US le mois dernier, contre 372 700 $CAN au Canada.

Inégalités raciales

L'enlisement du secteur de l'habitation a creusé de façon spectaculaire l'écart de richesse entre les différents groupes raciaux des États-Unis, révèle une étude publiée hier par le Pew Research Center de Washington. Selon l'institut, l'actif médian des Blancs atteint désormais 20 fois celui des Noirs et 18 fois celui des Latino-Américains.

L'écart entre les trois groupes est le plus vaste depuis que le gouvernement a commencé à publier de telles statistiques il y a un quart de siècle, indique-t-on. La valeur nette - immobilier, placements, régimes de retraite - des ménages noirs atteint seulement 5677 $US, celle des Latinos, 6325 $US, contre 113 149 $US pour les familles blanches.

« La chute de la valeur des maisons a été la principale cause de l'érosion de la richesse des familles dans tous les groupes, dont les Latino-Américains ont été les plus durement touchés «, soulignent les chercheurs du Pew.

Et qu'en est-il des saisies, ces fameuses foreclosures qui font la manchette depuis 2006? Elles ont reculé de 29% pendant les six premiers mois de 2011... mais risquent fort de rebondir en 2012 et 2013, avertit James Saccacio, chef de la direction de la firme immobilière RealtyTrac.

Les longs délais administratifs, et l'incertitude qui entoure la légalité des processus de saisies, retardent à l'heure actuelle environ un million de saisies, avance-t-il. « Cela jette une ombre inquiétante sur le secteur de l'habitation, dont la rémission est improbable d'ici à ce que les stocks actuels et futurs de propriétés en souffrance reviennent à des niveaux raisonnables. «

Selon RealtyTrac, 1,17 million de propriétés ont fait l'objet d'un avis de saisie ou d'une reprise bancaire aux États-Unis pendant les six premiers mois de l'année. Cela représente 1 maison sur 111 à l'échelle du pays.

Baisse de l'indice des prix sur un an*

184 300$

Prix médian des maisons existantes

1,17 million

Avis de saisie et reprises bancaires pendant les six premiers mois de 2011

*Comparaison entre mai 2010 et mai 2011

Sources : Standard&Poor's, National Association of Realtors, RealtyTrac