La baisse des prix des logements s'est encore accélérée aux Etats-Unis en octobre, selon l'indice Case-Shiller publié mardi par l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans les vingt plus grandes métropoles américaines, les prix de l'immobilier ont reculé pour le quatrième mois d'affilée de 1,0% en octobre par rapport au mois précédent, en données corrigées des variations saisonnières.

La baisse des prix en septembre, initialement estimée à 0,8%, a été révisée en hausse à 1,0% également.

En glissement annuel, les prix montrent désormais une baisse de 0,8%, alors que les analystes tablaient sur le maintien d'une hausse.

«La rechute est presque là, puisque six villes ont atteint de nouveaux points bas pour la période qui s'est ouverte avec le pic des prix en 2006», ont écrit les auteurs de l'enquête dans un communiqué.

Ils ont énuméré les signes montrant que l'immobilier résidentiel ne se relevait toujours pas de la crise: une offre abondante par rapport à une demande très faible, une construction au ralenti, et des difficultés persistantes pour les ménages à faire face à leurs échéances de prêt immobilier.

«Un grand stock de biens saisis pèse sur la valeur des logements, et tandis que le crédit d'impôt pour les primo-accédants a aidé ventes et prix jusqu'à l'arrivée de l'été, l'indice pour les vingt plus grandes villes a chuté de 2,9% total depuis juin», a souligné Nicholas Tenev de la banque Barclays.

«Dans un contexte de rétablissement très lent du marché de l'emploi et de poursuite du désendettement des ménages, l'immobilier demeure la zone à risque pour la reprise économique actuelle», a affirmé Inna Mufteeva, de la banque Natixis.

Dans sa lettre économique mensuelle de décembre, la branche à Dallas de la banque centrale (Fed) a publié une étude intitulée «L'erreur de croire à un retour indolore vers un marché immobilier sain», montrant qu'il est illusoire de compter sur une reprise de la hausse des prix à court terme.

Ses deux auteurs, l'analyste Danielle DiMartino Booth et l'économiste David Luttrell, y expliquent qu'étant donné le nombre de logements, soit vides soit voués à une saisie, «au moment où la crise de l'immobilier entame sa cinquième année, l'incertitude prédomine toujours et continue d'entraver la reprise économique».