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Molson: la direction de moins en moins montréalaise

Molson Coors dispose officiellement de deux sièges sociaux :... (PHOTO BRENT LEWIN, ARCHIVES BLOOMBERG)

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Molson Coors dispose officiellement de deux sièges sociaux : Denver et Montréal. On a rapidement su que le véritable pouvoir est à Denver et que Montréal jouerait les seconds violons.

PHOTO BRENT LEWIN, ARCHIVES BLOOMBERG

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le brasseur Molson Coors (T.TPX.B) tient aujourd'hui son assemblée annuelle à l'hôtel Ritz-Carlton de Denver, au Colorado. En vertu de l'alternance, c'est à Montréal qu'aura lieu la prochaine en 2015, qui marquera le 10e anniversaire de ce qu'on a appelé à l'époque une fusion entre égaux. La fête sera sobre. Quoi qu'en dise le brasseur, il ne reste plus qu'une poignée de postes décisionnels dans les bureaux de la rue Notre-Dame, qui ressemble davantage à un centre administratif régional qu'à un siège social.

«Le mouvement a commencé [avec la fusion] en 2005. Au fil des ans, il y a eu plusieurs restructurations. Ça va toujours dans un sens. Ça ne vient jamais par ici», dit un ancien cadre de la brasserie qui a perdu son poste lors de l'une des vagues de compressions qu'ont connues les installations montréalaises, ces dernières années. «Il y en a de moins en moins, des postes de direction à Montréal», déplore-t-il.

La plus récente vague est survenue en février. La Presse faisait alors état de la suppression d'une vingtaine d'emplois au service de marketing. En 2012, lors d'une vague antérieure, 15 emplois administratifs disparaissaient du siège social montréalais. En 2008, en réaction à la crise financière, Molson Coors avait réduit son effectif de cols blancs de 20 personnes.

Molson Coors dispose officiellement de deux sièges sociaux: Denver et Montréal. Dans les faits, Montréal est devenu au fil du temps un bureau régional pour le Québec et l'Atlantique.

L'équipe de haute direction est à Toronto, poursuit notre source. Il n'y a plus de directeur du marketing ni de chef de marque à Montréal.

À la brasserie, on réfute catégoriquement cet état des lieux.

«Je ne vois aucunement l'érosion du pouvoir et/ou de l'importance de Montréal au sein de Molson Coors, écrit François Lefebvre, chef, affaires corporatives, Québec et Atlantique. J'ai fait l'énumération dans mon précédent courriel d'environ une quinzaine de personnes qui ont un rôle mondial et/ou national. La majorité de ces gens siègent au senior leadership team (SLT) canadien. J'avancerais qu'environ 40% du SLT canadien est composé de dirigeants de Montréal, 40% de Toronto et le reste des autres provinces du Canada.»

Malgré notre insistance, M. Lefebvre n'a pas divulgué le nombre de postes de direction qui ont été supprimés ou sortis de Montréal depuis la fusion. Il n'a pas non plus confirmé qu'il n'y a plus de chefs de marque postés à Montréal.

«C'est 50% du pouvoir au niveau mondial qui est à Montréal avec la présence de la famille Molson qui alterne à la présidence du conseil d'administration avec la famille Coors aux deux ans», souligne-t-il dans son courriel.

Au conseil d'administration, l'influence de Montréal est également en déclin. Le 27 février dernier, l'homme d'affaires québécois Francesco Bellini a indiqué qu'il ne solliciterait pas un nouveau mandat. Il n'est pas remplacé dans l'immédiat.

Trois administrateurs viennent toujours de Montréal: Andrew et Geoff Molson, de même que Louis Vachon, patron de la Banque Nationale.

Des ventes en recul au Canada

Les prochains mois sont de mauvaise augure. Les ventes de bière au Canada ont reculé l'an passé. Même son meilleur vendeur, la Coors Light, a sous-performé. Exprimées en dollars américains, les ventes annuelles sont en recul, tout comme le profit avant impôt. Dans la circulaire de la direction, publiée le 22 avril, Molson Coors annonce une accélération des compressions de dépenses au Canada.

À cet égard, les installations montréalaises sont vulnérables. Les coûts rattachés à l'usine sont élevés. Qui plus est, le budget Marceau de 2012 a haussé de 20% la taxe spécifique sur la bière. La facture s'élève à 30 millions chez Molson. «Ça envoie des messages défavorables à l'investissement au Québec, surtout quand les hauts dirigeants ne sont pas à Montréal», indique notre informateur.

M. Lefebvre souligne que plus de 1600 Québécois travaillent pour Molson, dont près de 1060 à Montréal. Environ 30% de la production canadienne est brassée à Montréal, la plus vieille entreprise de la ville, où elle est établie depuis 1786.




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