Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, qui négocie actuellement avec les partenaires commerciaux des États-Unis, a encore des liens avec des entreprises dont des sociétés d'État chinoises, selon le magazine Forbes lundi, qui pointe du doigt un potentiel conflit d'intérêts.

Publié le 18 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Wilbur Ross, un ancien banquier et investisseur, a techniquement retiré ses investissements personnels dans des entreprises, y compris chinoises, quand il est devenu secrétaire mais ses investissements ont été transférés vers des membres de sa famille, révèle le magazine qui a obtenu de nouveaux documents du Bureau fédéral chargé des questions éthiques.

Forbes souligne que ces transferts ne sont pas illégaux mais, selon le magazine, Wilbur Ross se serait rendu coupable de mensonge en déclarant en novembre 2017 au Bureau fédéral avoir mis un terme à tous les investissements - conformément à ses engagements - alors qu'il détenait encore plus de 10 millions de dollars d'actions dans la société d'investissement Invesco.

«Le secrétaire continue de suivre les directives des responsables de l'éthique au sein du département du Commerce pour assurer le respect de la législation et des réglementations fédérales», a réagi le département dans un communiqué, transmettant à l'appui deux documents publiés lundi par le Bureau fédéral.

Cet organisme et les responsables des questions éthiques du département «ont certifié que les transactions rapportées étaient en conformité avec les requis éthiques fédéraux».

Début novembre, le magazine avait déjà révélé que M. Ross avait exagéré sa fortune et qu'il n'était pas milliardaire. Son nom avait également été cité quelque temps plus tôt dans l'affaire des Paradise Papers.

D'après les informations diffusées à l'automne par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), M. Ross a gardé une part de 31% dans Navigator Holdings, société de transport maritime dont l'un des principaux clients est l'entreprise russe de gaz et de produits pétrochimiques Sibur.

Or, parmi les propriétaires de Sibur, figurent Guennadi Timtchenko, un proche du président russe Vladimir Poutine et qui a été sanctionné par le Trésor américain après l'annexion de la Crimée, ainsi qu'un gendre de M. Poutine, selon le New York Times.

M. Ross avait alors estimé qu'il n'y avait «absolument rien de répréhensible». Il avait toutefois ajouté qu'il allait «probablement» céder le reste de ses parts dans Navigator.