N'importe quelle entreprise s'inquiète de voir son client le plus important faire des coupes importantes dans son budget. N'importe quelle entreprise sauf CGI, la multinationale montréalaise de l'informatique de gestion.

Publié le 20 janv. 2013
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

CGI a des contrats d'environ 1,3 milliard par année - soit 28% de ses revenus - avec le gouvernement fédéral américain. Or, ce gouvernement dirigé par Barack Obama doit amorcer cette année des coupes d'environ 130 milliards par année, soit 3,4% des dépenses déjà prévues. CGI ne s'en inquiète pas pour autant.

« Pour nous, les défis budgétaires représentent une opportunité », dit Lorne Gorber, vice-président des communications et des relations avec les investisseurs de CGI.

Environ 7 000 des 72 000 employés de CGI travaillent sur des mandats du gouvernement fédéral américain, que ce soit pour faire des passeports et des visas, prévenir les fraudes du système de santé Medicare ou effectuer des mandats de sécurité nationale. La moitié des mandats de CGI est de nature militaire ou de défense nationale, l'autre moitié concerne les activités civiles du gouvernement.

« Nous sommes bien positionnés stratégiquement car nous ne pensons pas que le gouvernement coupera dans la cybersécurité et la biométrie, deux domaines dans lequel nous nous spécialisons, dit M. Gorber. En matière de défense, nos concurrents étaient plus dépendants de la guerre. Au contraire d'eux, nous n'avons pas de gens sur le terrain. »

Avec des contrats futurs qui équivalent à 160% des revenus actuels tirés du gouvernement fédéral américain, CGI prévoit brasser plus d'affaires avec ce client malgré les coupes budgétaires qui s'en viennent. CGI fait aussi des affaires pour environ 350 millions par an avec les gouvernements des États et des villes américaines.