Une enquête du Sénat américain conclut que la banque Goldman Sachs avait élaboré une stratégie pour profiter de l'effondrement du marché immobilier et a engrangé des milliards de dollars au détriment des clients.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les enquêteurs estiment que les dirigeants de Goldman Sachs ont trompé les investisseurs sur des investissements hypothécaires complexes devenus toxiques. Ils citent des courriels et d'autres documents obtenus lors d'une enquête de 18 mois.

Les dirigeants de la banque affirment qu'elle n'a pas profité de l'effondrement du marché hypothécaire qui a commencé en 2007, entraînant la crise financière mondiale. Mais le sénateur Carl Levin, président de la sous-commission d'enquête permanente du Sénat américain, déclare qu'il pense «qu'ils trompent le pays».

Le PDG Lloyd Blankfein et plusieurs autres dirigeants de la grande banque new-yorkaise doivent être entendus mardi devant la sous-commission d'enquête permanente du Sénat.

Au début du mois, la SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la bourse américaine, avait porté plainte pour fraude au civil contre Goldman Sachs. La SEC accuse la banque d'avoir trompé les investisseurs lors de la vente de titres adossés à des crédits hypothécaires à risque («subprimes»), au moment de l'effondrement du marché immobilier aux Etats-Unis en 2007.

Ce week-end, la sous-commission d'enquête permanente du Sénat avait publié des courriels laissant entendre que les dirigeants de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs ont gagné beaucoup d'argent en misant sur l'effondrement du marché de l'immobilier. Ils suggèrent que la banque aurait misé sur une dévaluation des titres dérivés des crédits hypothécaires à haut risque, les fameux «subprimes», alors qu'elle a réaffirmé le contraire.

Le PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein assure, dans le texte qu'il doit prononcer mardi devant le Congrès, que la banque n'a pas misé contre ses clients et ne peut pas survivre sans leur confiance.

Lors de son audition mardi, Lloyd Blankfein va répéter l'argument de la compagnie selon lequel la banque a perdu 1,2 milliard de dollars sur le marché hypothécaire en 2007 et 2008. Il doit aussi arguer que la banque n'a pas parié massivement à la baisse sur le marché, c'est-à-dire pris des positions courtes.

«Nous n'avons pas eu de positions courtes massives contre le marché de l'immobilier et nous n'avons certainement pas parié contre nos clients», déclare-t-il dans le texte préparé pour l'audition et rendu public lundi par la banque.

«Au contraire, nous pensons que nous avons géré notre risque comme nos actionnaires et nos régulateurs l'auraient attendu».

«Si nos clients pensent que nous ne méritons pas leur confiance, nous ne pouvons survivre», ajoute le PDG dans ce texte. Mais, nous devons mieux travailler pour trouver le juste milieu entre ce qu'un client informé juge important pour ses objectifs d'investissement et ce que le public juge trop complexe et risqué».