Le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a reconnu mardi qu'il serait «extraordinairement difficile» pour le gouvernement d'obtenir une rallonge du Congrès s'il y avait besoin de davantage de fonds publics pour stabiliser le système financier.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Franchement, nous reconnaissons que ce sera extraordinairement difficile, pas seulement à la suite des événements des deux dernières semaines, mais des neuf derniers mois», a déclaré M. Geithner en réponse à un député qui lui demandait s'il faudrait dépenser encore plus pour sauver les banques.«Je comprends parfaitement l'ampleur du doute des Américains» sur les mesures de sauvetage du système financier, notamment après le scandale des primes chez l'assureur AIG, a déclaré M. Geithner lors d'une audition devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants.

Néanmoins, a-t-il dit, «notre responsabilité est de faire des recommandations au Congrès sur ce qui est nécessaire pour permettre de remettre l'économie sur les rails».

«Si cela nécessite des ressources supplémentaires, nous serons obligés de venir plaider devant vous en ce sens», a ajouté le ministre.

Depuis l'intensification de la crise, en septembre, les pouvoirs publics américains ont dû engager des sommes colossales pour stabiliser leur système financier, notamment au moyen d'un plan de 700 milliards de dollars US particulièrement impopulaire auprès du Congrès et de l'opinion.

Ces mesures ont encore déclenché les foudres de l'opinion publique et de nombre de parlementaires ces jours-ci après la révélation selon laquelle l'asssureur AIG, renfloué à hauteur de 170 milliards par l'État, a versé des primes pour 165 millions à certains de ses cadres.

Le Trésor a alloué la quasi-totalité des 700 milliards débloqués par le Congrès. Lundi, M. Geithner a dévoilé un programme destiné à utiliser une partie de ces fonds pour mobiliser avec l'aide du secteur privé jusqu'à 1000 milliards dpour racheter les actifs invendables qui encombrent les bilans des banques.

Dans son projet de budget présenté en février la Maison- Blanche a inscrit une provision de 250 milliards au cas où des fonds supplémentaires seraient nécessaires pour sauver les institutions financières.

Faisant référence à cette provision, M. Geithner a déclaré devant la Commission: «Nous pourrions avoir besoin de demander des ressources supplémentaires», mais «nous n'en sommes pas encore là».