La justice américaine a gelé les actifs d'un financier texan, Robert Allen Stanford, accusé par la Securities and Exchange Commission d'avoir monté une escroquerie lui permettant de vendre 8 milliards de dollars de produits financiers en promettant des rendements exceptionnels.

Mis à jour le 17 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon la SEC, la société Stanford International Bank (SIB), basée dans le paradis fiscal d'Antigua aux Antilles, avait vendu pour quelque 8 milliards en certificats de dépôt.Cette dernière avait promis aux investisseurs des «taux d'intérêt improbables et non justifiés», soi-disant dus à sa «stratégie d'investissement exceptionnelle» qui aurait permis à l'établissement d'obtenir des retours sur investissements à deux chiffres pendant 15 ans.

Cette affaire de fraude est la plus importante révélée aux Etats-Unis depuis l'arrestation en décembre du financier new-yorkais Bernard Madoff, accusé d'avoir monté une escroquerie atteignant 50 milliards.

La SEC a obtenu lundi d'un juge fédéral basé à Dallas diverses mesures contraignantes contre Robert Allen Stanford, la SIB et deux sociétés de conseil en investissement à son nom, Stanford Group Company et Stanford Capital Management. Deux responsables de ces sociétés, James Davis et Laura Pendergest-Holt, ont été soumis aux mêmes mesures que M. Stanford.

Le juge Reed O'Connor a également ordonné le rapatriement aux États-Unis des fonds gelés, pour assurer la compétence de la justice américaine dans cette affaire.

Le Wall Street Journal s'était fait l'écho ces derniers jours des démarches à Antigua de plusieurs clients de la SIB pour récupérer leurs fonds, sans succès, se heurtant à des employés leur indiquant qu'il faudrait attendre plusieurs jours pour effectuer les procédures nécessaires.'

La SIB revendiquait en juin 8 milliards d'actifs, ainsi qu'une clientèle «très exclusive». Elle avait annoncé, «faussement» selon la SEC, qu'elle n'était exposée «ni directement ni indirectement» à la fraude de Bernard Madoff.

M. Stanford se fait appeler «Sir Allen», à la suite de son anoblissement en 2006 par l'État d'Antigua et Barbuda, dont il a acquis la nationalité. Il est le petit-fils du fondateur de la première «Stanford Company», fondée en 1932 au Texas, et réside aux Iles vierges américaines, selon la biographie postée sur le site de Stanford Financial Group.

L'ensemble des sociétés Stanford revendique des clients dans 140 pays, et des actifs sous gestion s'élevant à 50 milliards.

> Réagissez sur le blogue de Richard Dufour