Les cours du pétrole ont terminé en ordre dispersé jeudi, hésitant entre le bond des stocks de produits pétroliers aux États-Unis et la crise au Venezuela, important exportateur d'or noir.

Mis à jour le 24 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a reculé de 5 cents pour finir à 61,09 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance a gagné 51 cents pour clôturer à 53,13 dollars.

Cette hausse du prix du baril américain de référence « va à l'encontre de toute logique, car le rapport hebdomadaire sur les réserves de pétrole aux États-Unis était particulièrement de nature à peser sur les prix », a souligné Robert Yawger de Mizoho.  

« Les stocks de brut ont bondi de huit millions de barils et ceux d'essence ont atteint un niveau jamais connu auparavant », a-t-il rappelé. La progression des réserves reflète en général une demande en énergie moins dynamique.  

La production d'or noir est de son côté restée au niveau record atteint la semaine précédente, les États-Unis ayant extrait en moyenne 11,9 millions de barils par jour (mbj).  

Selon l'agence américaine d'informations sur l'Énergie (EIA), qui diffusait aussi jeudi ses prévisions annuelles pour les décennies à venir, les extractions de brut devraient d'ailleurs continuer à grimper jusqu'à 2027 et se maintenir au-dessus des 14 millions de barils par jour jusqu'en 2040.

« Il est vraiment étonnant que les investisseurs n'aient pas réagi aux chiffres sur les stocks », a aussi estimé Kyle Cooper de Ion Energy. « Sans doute pensent-ils qu'à 53 dollars le baril, le prix est assez attractif pour y investir. »

La situation au Venezuela peut expliquer en partie la montée des cours du brut américain.  

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a reçu jeudi l'appui de l'armée pour contrecarrer le soutien international apporté au président du Parlement Juan Guaido, autoproclamé la veille « président » par intérim et immédiatement reconnu par les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Une situation explosive dans ce pays comptant les plus amples réserves de brut au monde, et qui reste un important membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), malgré l'effondrement de sa production ces dernières années.

« Même s'il n'y a pas encore de sanctions formelles, les groupes pétroliers vont avoir besoin d'une confiance inébranlable en leurs avocats s'ils veulent continuer d'échanger avec le Venezuela », a résumé Olivier Jakob, analyste de Petromatrix, qui estime donc que « d'une façon ou d'une autre, l'offre vénézuélienne va diminuer, surtout vers les États-Unis ».