Les surplus importants d'Hydro-Québec lui permettent d'exporter davantage, mais le prix qu'elle obtient sur le marché de la Nouvelle-Angleterre diminue quand les exportations augmentent.

Mis à jour le 8 sept. 2018
Hélène Baril LA PRESSE

Au deuxième trimestre, Hydro a exporté 8,9 térawattheures d'électricité, un niveau jamais atteint pour cette période de l'année. Le prix obtenu a cependant été moindre que pour la même période l'an dernier, soit 3,9 cents le kilowattheure cette année comparativement à 4,7 cents l'an dernier.

« On essaie d'aller chercher les périodes de pointe, mais étant donné qu'on a un volume d'eau important, on vend aussi aux autres heures de la journée », a expliqué hier Jean-Hugues Lafleur, vice-président et chef de la direction financière d'Hydro-Québec.

Selon lui, il vaut mieux exporter à bas prix que d'avoir à ouvrir les vannes pour laisser couler le surplus d'eau qui s'accumule derrière les barrages. « On préfère même vendre les fins de semaine [quand les prix sont au plus bas] », indique-t-il.

Le prix moyen de 3,9 cents le kilowattheure obtenu sur les marchés d'exportation au deuxième trimestre reste supérieur au coût moyen de production de 2 cents le kilowattheure, a souligné Jean-Hugues Lafleur. « C'est encore très profitable. C'est un problème de riche qu'on a. »

L'automne dernier, Hydro a dû se résoudre à quelques reprises à déverser l'eau en trop, ce qui représente des millions de dollars de perte de revenus.

Pour le troisième trimestre qui vient de se terminer, dont les résultats seront connus plus tard, Hydro devrait rapporter des prix plus élevés à cause de la canicule qui a fait augmenter la demande et les prix sur les marchés d'exportation, a indiqué le vice-président.

PROFITS GONFLÉS

Les profits d'Hydro-Québec ont fait un bond de 74 % au deuxième trimestre de 2018, en raison du gain enregistré sur la vente de TM4, sa filiale de motorisation électrique.

Le bénéfice net pour les mois d'avril, mai et juin s'est élevé à 623 millions de dollars, soit 264 millions de plus que pour la même période de 2017. Sans le gain de 277 millions provenant de la vente de 55 % des actions de TM4, le profit aurait été inférieur à celui du trimestre correspondant de l'an dernier.

Cette diminution de la rentabilité s'explique par une augmentation des frais financiers, a précisé Jean-Hughes Lafleur. « Les taux d'intérêt sont à la hausse et ça nous met une certaine pression [sur les profits] », a-t-il dit.

En juin dernier, Hydro-Québec a cédé 55 % de TM4 à la multinationale américaine Dana pour 165 millions de dollars canadiens. Le gain inscrit aux résultats du deuxième trimestre, soit 277 millions, est plus élevé que cette somme parce que la valeur de la filiale a été revue à la hausse à la suite de la transaction. Hydro-Québec conserve la participation restante de 45 % dans l'entreprise.

RÉSULTATS D'HYDRO-QUÉBEC

Au deuxième trimestre 2018 (2017)

Ventes : 3,3 milliards (+ 13,2 %)

Bénéfice net : 623 millions (+ 74 %)

Prix moyen à l'exportation : 3,9 cents/kWh (4,7 cents/kWh)

Pour les six premiers mois de 2018 (2017)

Ventes : 7,8 milliards/+ 8,8 %

Bénéfice net : 2,2 milliards (+ 19,2 %)

Prix moyen à l'exportation : 4,5 cents/kWh (4,7 cents/kWh)