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Le pétrole américain au plus haut depuis 2014

Washington a demandé à tous les pays d'arrêter... (PHOTO REUTERS)

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Washington a demandé à tous les pays d'arrêter leurs achats auprès de Téhéran d'ici le 4 novembre s'ils voulaient éviter les sanctions américaines et signalé que l'administration n'accorderait pas d'exemption.

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Juliette Michel
Agence France-Presse
New York

Emporté par un «parfait concours de circonstances» mêlant tensions géopolitiques, panne électrique et problèmes d'infrastructures, le prix du pétrole américain a bondi mercredi à son plus haut niveau depuis 2014 malgré les coups de boutoir de Donald Trump contre cette hausse.

Le baril de WTI, la référence américaine, est monté mercredi jusqu'à 73,06 dollars (+3,6 %) sur le New York Stock Exchange, soit son plus haut niveau en séance depuis novembre 2014.

À Londres aussi les prix grimpaient, le baril de Brent montant jusqu'à 78,16 dollars (+2,4 %).

Au moment même où les Américains se préparent à remplir leur réservoir d'essence pour les vacances d'été, un rapport officiel a fait état d'une chute des stocks de brut aux États-Unis de 9,9 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 22 juin.

Les raffineries fonctionnent à une cadence extrêmement élevée (à 97,5 % de leurs capacités), ce qui implique une très forte demande en or noir. Et le pays n'a jamais autant exporté de brut (3 millions de barils par jour).

Dans le même temps, les investisseurs redoutent que l'offre d'or noir sur le marché mondial diminue en raison de perturbations sur divers points de la planète, constituant selon James Williams de WTRG Economics «un parfait concours de circonstances» pour la montée du prix des barils.

Cette flambée intervient alors même que le président américain a plusieurs fois déploré au cours des derniers mois le niveau élevé des cours du pétrole et accusé dans des tweets l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d'y participer. Pour redresser les cours, qui avaient dégringolé à moins de 30 dollars le baril début 2016, le cartel avait en effet décidé fin 2016 de limiter sa production.

Canada, Venezuela, Libye, Iran

Pour les raffineries américaines, le problème le plus pressant vient du Canada, où une mine de sables bitumineux exploitée par Syncrude dans l'ouest du pays et pouvant produire jusqu'à 350 000 barils par jour a été interrompue la semaine dernière en raison d'une panne électrique. Aucune date de redémarrage n'a encore été fixée.

Dans le même temps aux États-Unis, la production est déjà à un niveau record (10,9 millions de barils par jour) et «peut difficilement augmenter plus pour l'instant en raison des goulots d'étranglement dans le bassin permien», une zone à cheval entre le Texas et le Nouveau-Mexique, souligne John Kilduff du fonds Again Capital.

Les producteurs américains ont multiplié les puits de forage ces dernières années dans cette région où le pétrole de schiste est abondant, mais les infrastructures de transport n'ont pas suivi. «Les entreprises sont obligées de freiner leur activité, car les barils y sont simplement coincés», note M. Kilduff.

La production a aussi fortement décliné ces derniers mois au Venezuela, au fur et à mesure que le pays s'enfonçait dans une crise économique. Et en Libye, des autorités politiques rivales ont engagé un bras de fer autour du contrôle des terminaux pétroliers.

L'administration Trump a jeté de l'huile sur le feu en demandant mardi à tous les pays important du pétrole iranien d'arrêter leurs achats auprès de Téhéran d'ici le 4 novembre s'ils voulaient éviter les sanctions américaines.

De l'avis de plusieurs analystes, un arrêt total des exportations iraniennes est peu probable, mais le ton plus agressif a surpris.

«L'Europe était déjà vue comme politiquement trop timide pour protéger ses entreprises de sanctions américaines potentielles», remarque Olivier Jakob de Petromatrix. La Chine, premier importateur mondial, pourrait faire fi des menaces de M. Trump, mais l'Inde, troisième importateur, est «la question principale pour le marché», remarque-t-il.

L'OPEP et dix autres pays se sont bien engagés samedi dernier à respecter les quotas de production qu'ils s'étaient fixés fin 2016, ce qui dans les faits correspondrait à une hausse d'un million de barils par jour.

Et l'Arabie saoudite, chef de file du cartel, a fait savoir qu'elle augmenterait dès juillet sa production à 11 millions de barils par jour, un record.

Mais la position «intransigeante» de Washington à l'encontre de Téhéran «va forcément conduire à une chute du pétrole iranien sur le marché mondial que les autres pays, malgré tous leurs efforts, peuvent difficilement compenser», souligne John Kilduff.




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