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Hydro-Québec obtient le plus important contrat de son histoire

Une porte-parole d'Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, a indiqué lundi... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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Une porte-parole d'Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, a indiqué lundi que la société d'État a confiance que les négociations aboutissent « prochainement », sans toutefois aller jusqu'à fournir une date précise.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse

Hélène Baril

L'État du Massachusetts a choisi une des propositions soumises par Hydro-Québec et son partenaire américain dans Northern Pass, Eversource, pour conclure une entente d'approvisionnement de 1200 mégawatts d'une durée de 20 ans qui rapportera 10 milliards de dollars à la société d'État.

Il s'agit du plus important contrat d'exportation de l'histoire d'Hydro-Québec. Plus de 40 propositions avaient été soumises à la suite de l'appel d'offres lancé par le Massachusetts en mars 2017. Celle d'Hydro-Québec et de son partenaire américain a été jugée la plus avantageuse par le ministère de l'Énergie.

Hydro-Québec avait soumis six propositions différentes et misé sur trois projets distincts d'interconnexion pour mettre plus de chance de son côté.

Le choix du Massachusetts donne le feu vert à la construction du projet de ligne de transport Northern Pass, dont une partie est située au Québec. Hydro-Québec a accepté d'enfouir une partie de ce lien qui a suscité beaucoup de controverse.

Ce contrat de 20 ans, qui devrait être signé à la fin mars au terme d'une période de négociations, permettra à Hydro-Québec d'exporter annuellement jusqu'à 9,45 térawattheures d'hydroélectricité à destination du Massachussetts. Le tracé de 309 kilomètres au total (dont environ 80 kilomètres au Québec) du Northern Pass doit relier le poste des Cantons, situé à Val-Joli, et le poste de Franklin, dans le sud du New Hampshire.

Pour le porte-parole de la société d'État, Serge Abergel, il s'agit d'une entente «historique» et la plus importante jamais signée en ce qui a trait aux exportations.

«C'est la reconnaissance des avantages de notre énergie, tant au niveau de la fiabilité, du produit ainsi que de sa qualité», a-t-il expliqué au cours d'un entretien téléphonique.

«Il y avait plusieurs options sur la table mais cette proposition (du Northern Pass) s'est démarquée», a expliqué la commissaire du département des Ressources naturelles du Massachusetts, Judith Judson, au cours d'une conférence téléphonique.

Elle a ajouté que les responsables du projet avaient conclu qu'il offrait la «plus grande valeur» aux contribuables. Une fois complété, le Northern Pass devrait acheminer environ 17 % de l'électricité consommée par l'État.

Eversource s'est également félicitée de la décision du Massachusetts, expliquant, par voie de communiqué, que l'entente de 20 ans allait offrir une stabilité des prix de l'énergie aux consommateurs.

En décrochant un contrat d'exportation de cette envergure, Hydro-Québec devrait être mieux outillée pour doubler son chiffre d'affaires à environ 27 milliards d'ici 2030. En 2016, 24,1 des 32,6 TwH exportés par la société d'État étaient destinés au marché américain.

L'an dernier, les exportations ont représenté 803 millions du bénéfice net de 2,86 milliards généré par Hydro-Québec. La Nouvelle-Angleterre représente la moitié du marché d'exportations de la société.

Multiples scénarios

La partie québécoise du projet Northern Pass - dont la mise en service est prévue en 2020 - est évaluée à près de 620 millions, une facture qui devrait grimper d'environ 60 millions en raison de l'enfouissement d'une partie de la ligne de transport. En tenant compte de la partie américaine, la facture grimpe à 2,1 milliards.

Aux États-Unis, une autorisation est toujours attendue au New Hampshire, alors qu'au pays, l'Office national de l'énergie doit donner son feu vert au projet. Au Québec, toutes les autorisations nécessaires ont été obtenues auprès du gouvernement Couillard.

Dans l'espoir de convaincre les autorités du Massachusetts, Hydro-Québec avait soumis six propositions différentes et misé sur trois lignes distinctes d'interconnexion - au Vermont, au Maine ainsi qu'au New Hampshire.

Certains scénarios proposaient un approvisionnement grâce à une combinaison d'énergie hydroélectrique et éolienne, ce qui avait incité Énergir - anciennement Gaz Métro - et Boralex à tabler sur une quatrième phase aux parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré.

«Nous continuons de croire que les qualités et la stabilité d'approvisionnement assurées par la combinaison éolien-hydroélectricité est un produit recherché et nous resterons à l'affût des opportunités de développement», a souligné une porte-parole de Boralex, Lauriane Déry, par courriel.

M. Abergel a indiqué qu'il était trop tôt pour savoir ce qu'il adviendrait des autres scénarios soumis au Massachusetts.

«Nous allons procéder à une évaluation de l'ensemble du dossier afin de vérifier si certains de ces projets représentent toujours des occasions intéressantes», a-t-il dit.

Hydro-Québec a maintenant les yeux tournés vers l'État de New York, où elle a répondu en septembre à un appel de propositions de la New York Power Authority (NYPA), qui prévoit l'achat d'au moins 1 térawattheure. Deux scénarios ont été proposés. Une réponse est attendue au printemps, selon M. Abergel.

- Avec Julien Arsenault, La Presse canadienne




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