Sanctions contre la Russie: ExxonMobil mis à l'amende

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Rex Tillerson, actuel secrétaire d'État des États-Unis, a dirigé ExxonMobil pendant dix ans. Il est considéré comme un proche du président russe Vladimir Poutine qui l'avait décoré en 2013 de l'ordre de l'Amitié russe.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

Le Trésor américain a infligé jeudi une amende de deux millions de dollars à ExxonMobil pour n'avoir pas respecté en 2014 des sanctions contre la Russie, lorsque le chef actuel de la diplomatie américaine Rex Tillerson dirigeait le géant pétrolier.

Il est reproché à Exxon d'avoir enfreint en mai 2014 des sanctions liées au conflit en Ukraine et prises par l'administration précédente de Barack Obama. Deux de ses filiales avaient signé des contrats avec un responsable pétrolier russe qui figurait sur la liste noire des sanctions du Trésor.

Le groupe pétrolier américain est accusé d'avoir signé des documents relatifs à des projets d'exploitation de gaz et de pétrole en Russie avec Igor Sechin, président du géant pétrolier et gazier russe Rosneft.

Deux mois plus tôt, les avoirs de M. Sechin avaient été gelés dans le cadre des sanctions économiques américaines, en réponse aux actions de la Russie visant à déstabiliser l'Ukraine. Il a également été interdit à tout ressortissant ou entreprise américaine de faire des affaires avec lui, rappelle le Trésor.

Le groupe Rosneft lui-même n'était pas l'objet de sanctions.

ExxonMobil, dirigé à l'époque par Rex Tillerson, l'actuel secrétaire d'État de Donald Trump, s'est défendu jeudi auprès de l'AFP.

«L'action de l'OFAC», l'agence du Trésor qui applique les sanctions financières, «est fondamentalement injuste», affirme le groupe pétrolier, l'accusant de «tenter de faire appliquer rétroactivement une nouvelle interprétation incompatible avec les directives de la Maison-Blanche et du Trésor» de l'époque.

«ExxonMobil a suivi ces directives claires (...) quand ses collaborateurs ont signé avec Rosneft, une entité non bloquée (par les sanctions), des documents à propos d'activités gazières et pétrolières en Russie», explique encore Exxon.

Il ajoute que ces documents ont été signés «au nom de Rosneft par le PDG Igor Sechin qui agissait en sa qualité de représentant officiel» du groupe russe.

Dans un communiqué, Exxon a ensuite annoncé avoir «lancé une action en justice» contre la décision du Trésor.

Tillerson proche de Poutine

De son côté, l'OFAC a contesté l'argumentaire du pétrolier faisant une distinction entre la capacité «professionnelle» et «personnelle» du responsable russe. Elle cite des facteurs «aggravants» dans l'infraction, jugeant que le groupe pétrolier texan a «fait preuve d'un mépris flagrant pour les exigences des sanctions» et connaissait le statut de M. Sechin par rapport à ces sanctions.

Rex Tillerson, est un ingénieur texan de formation, âgé de 65 ans et en a passé 40 chez Exxon. Il en a été le PDG de 2006 à 2016 et est considéré comme un proche du président russe Vladimir Poutine qui l'avait décoré en 2013 de l'ordre de l'Amitié russe.

M. Tillerson dirige depuis février le département d'État et ce ministère des Affaires étrangères a tout fait jeudi pour se tenir à distance de la polémique.

Lors de son point de presse, la porte-parole Heather Nauert a affirmé que «le département d'État n'était pas impliqué dans l'annonce du Trésor» et que «le secrétaire d'État continuait de se plier à ses engagements éthiques, notamment lorsqu'il s'est récusé» de tous les dossiers liés à son ancienne entreprise en devenant ministre.

Elle a assuré aussi que M. Tillerson restait favorable au maintien des sanctions contre la Russie liées au conflit ukrainien. «Les sanctions sont en vigueur, nous ne faisons pas marche arrière sur ces sanctions», a martelé Mme Nauert.

Du côté du russe Rosneft, un porte-parole a déclaré à l'agence Tass et qu'il était «impossible d'imaginer (...) que la société (Exxon) n'ait pas reçu d'informations complètes des juristes de l'OFAC sur leurs actions dans le cadre des sanctions américaines.




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