Le secteur des ressources naturelles ne devrait pas s'empêcher de faire des investissements à long terme malgré la forte chute des prix de plusieurs matières premières, a estimé lundi le gouverneur de la Banque du Canada.

Publié le 21 sept. 2015
Andy Blatchford LA PRESSE CANADIENNE

Dans le texte d'un discours prononcé lundi, Stephen Poloz a fait valoir que les décisions d'investissement faites il y a plusieurs années dans le secteur des ressources naturelles n'avaient pas été des erreurs, même si les prix ont glissé ces derniers mois.

Le gouverneur a rappelé à son auditoire que l'économie canadienne avait largement profité ces dernières années de la croissance des prix des matières premières. Par exemple, il a souligné comment le prix du cuivre avait triplé entre 2008 et 2010, pendant que celui du pétrole et du nickel doublait.

«Nous ne devrions pas faire peu de cas des ressources dont nous bénéficions», a affirmé M. Poloz dans le texte de son discours livré devant le groupe Calgary Economic Development.

«Sans ces investissements (réalisés il y a plusieurs années), nous n'aurions jamais pu tirer parti des prix plus élevés, qui ont fait grimper le revenu global au Canada.»

L'économie canadienne connaît une période plus difficile ces derniers temps. Elle s'est contractée pendant les deux premiers trimestres de 2015, ce qui a poussé le Canada dans une récession technique.

Le plongeon du prix du pétrole brut, qui se maintenait aux environs des 47 $ US le baril lundi après avoir atteint un sommet de 107 $ US l'an dernier, a été jugé comme le principal coupable de la contraction économique du pays. L'activité a aussi été minée par de plus faibles reprises que prévu dans d'autres secteurs.

En conséquence, le choc des prix du pétrole a forcé les experts, incluant la Banque du Canada, à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour le pays.

Les plus sombres conditions économiques sont aussi devenues un sujet d'importance dans le débat politique de la campagne électorale fédérale actuelle.

Des chefs d'entreprises de l'industrie pétrolière ont indiqué à la banque centrale, plus tôt cette année, qu'ils réduiraient leurs investissements d'environ 40 pour cent en raison de la chute des prix, qui ne s'est pas résorbée aussi rapidement que certains ne l'espéraient, a expliqué M. Poloz.

Ces dernières semaines, ces entreprises révisaient toujours leurs prévisions à plus long terme pour le cours du pétrole.

Le secteur des ressources naturelles, a estimé M. Poloz, s'ajuste toujours aux nouvelles conditions plus difficiles - et ce processus devrait prendre «beaucoup de temps».

Mais la volatilité ne devrait cependant pas décourager les Canadiens de continuer à chercher à tirer profit des ressources naturelles du pays, a poursuivi M. Poloz.

«Tout comme nous avons su nous adapter à la hausse des prix, nous pouvons nous ajuster à leur baisse», a affirmé le gouverneur dans le discours livré dans une province où, a-t-il noté, les matières premières représentent plus du quart de l'activité économique.

«S'il est vrai que l'abondance de matières premières complique parfois la gestion des entreprises et la conduite des politiques économiques, il est de loin préférable qu'un pays bénéficie de telles ressources plutôt que d'en être dépourvu.»

«Même si les prix sont à la baisse, comme récemment, notre patrimoine naturel est une réserve de valeur, une source de richesses pour l'avenir.»