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Prix du pétrole: impact incertain sur l'économie canadienne

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Si le recul des prix du pétrole a eu un impact direct sur l'économie canadienne, l'avantage d'un huard plus faible ainsi que la hausse des dépenses des consommateurs - outre que pour du carburant - ne se fera que graduellement.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La décision surprise de la Banque du Canada d'abaisser son taux directeur le mois dernier lui donnera le temps nécessaire pour déterminer les moyens à déployer pour ramener le pays sur la voie de la stabilité, croit le gouverneur de l'institution, Stephen Poloz.

Dans un discours prononcé devant l'Université Western, à London, en Ontario, M. Poloz a affirmé mardi que les impacts à long terme de la dégringolade des prix du brut sur l'économie canadienne demeuraient incertains.

«Une baisse du taux directeur nous procurera le temps de voir comment l'économie répondra», a-t-il dit.

Cette baisse d'un quart de point de pourcentage - qui a fait passer le taux directeur à 0,75 pour cent - devrait ainsi permettre à la Banque du Canada de ramener l'économie à son «plein potentiel» et de maintenir l'inflation à un niveau stable d'ici la fin de l'an prochain, plutôt qu'en 2017.

«Elle amortira la diminution des revenus et de l'emploi, de même que l'augmentation du ratio de la dette au revenu qui suivra le recul des prix du pétrole», a observé M. Poloz.

Toutefois, le gouverneur de la Banque du Canada a prévenu que la décision récente de l'institution ne fera disparaître complètement l'incertitude économique qui plane sur le Canada.

«Nous sommes dans une situation très incertaine et (...) nous cherchons à gérer les risques auxquels nous sommes confrontés et non à les éliminer», a-t-il dit.

Si les retombées négatives du repli des prix du brut se sont répercutées rapidement sur l'économie, ses avantages, comme une hausse des exportations en raison de la baisse du huard et la hausse des dépenses de consommation, ne se feront sentir que graduellement.

«Comme des prix du pétrole plus bas impliquent des revenus moindres, le choc fera monter le ratio de la dette au revenu des ménages canadiens et (...) accroîtra les risques pour la stabilité financière», a expliqué M. Poloz.

La prochaine annonce de la Banque du Canada relativement à son taux directeur est prévue la semaine prochaine et plusieurs observateurs s'attendent encore à une autre baisse d'un quart de point de pourcentage.

Certains économistes ont toutefois suggéré que le discours prononcé par M. Poloz en Ontario pourrait les inciter à modifier leurs prévisions.

«Une baisse du taux directeur ne semble pas coulée dans le béton», a observé l'économiste Brian De Pratto, de la Banque TD, dans une note envoyée par courriel.

Après son discours, M. Poloz a dit percevoir des signes positifs pour l'économie canadienne - dont le prix du baril de pétrole Brent qui se transige aux alentours de 60 $ US - qui pourraient influencer la décision de la banque centrale.

Il a aussi indiqué aux journalistes que les retombées positives des bas taux d'intérêt et du prix du pétrole seraient ressenties «plus tard cette année».

Le gouverneur de la Banque du Canada a par ailleurs suggéré que les taux d'intérêt allaient probablement demeurer bas en raison du vieillissement de la population.

«Nous nous sommes rendu compte que les taux d'intérêt associés à un taux d'inflation de deux pour cent donnent très peu de latitude pour réagir à des chocs de grande ampleur», a-t-il analysé.

Selon M. Poloz, le taux d'intérêt réel dit «neutre» sera plus bas à l'avenir, entre autres pour des raisons démographiques, ce qui devrait réduire la marge de manoeuvre de l'institution.




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