Les métaux industriels en forte chute à cause de la Chine

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Le cuivre, considéré comme le baromètre du marché des métaux industriels, a chuté mercredi à son plus bas niveau depuis début juin 2010, à 6376,25 dollars la tonne.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse

Les prix des métaux industriels échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont fortement souffert du regain d'inquiétudes sur l'économie chinoise cette semaine, notamment le cuivre, qui est tombé à son plus bas niveau depuis plus de trois ans et demi.

«Au cours des deux dernières semaines, les inquiétudes sur un ralentissement significatif de la croissance économique chinoise ont clairement ressurgi, les conditions de crédit dans le pays s'étant resserrées, et les prix des matières premières ont fortement décliné», ont expliqué les analystes de Jefferies.

Les métaux de base en ont particulièrement souffert, la Chine étant de loin le premier consommateur mondial de ces matières premières.

Le cuivre, considéré comme le baromètre du marché des métaux industriels, a ainsi chuté mercredi à son plus bas niveau depuis début juin 2010, à 6376,25 dollars la tonne.

Le plomb et l'étain sont tombés mercredi à des niveaux inconnus depuis respectivement huit mois (à 2013,25 dollars la tonne) et un mois (à 22 450 dollars). Quant au zinc, il a chuté jusqu'à 1.975 dollars la tonne vendredi, son plus bas en six semaines.

L'accumulation de mauvais indicateurs chinois a ravivé les peurs sur l'état de la deuxième économie mondiale.

Le cours du cuivre avait ainsi chuté dès vendredi dernier, pénalisé par «la nouvelle du défaut de paiement sur des obligations d'une entreprise chinoise de panneaux solaires», ont rappelé les analystes du courtier Triland Metals.

Puis, «le week-end a apporté des données ternes sur le commerce (chinois) avec des exportations en chute de 18 %», ont ajouté les experts du courtier PMV.

En effet, les exportations de la deuxième économie mondiale ont connu le mois dernier un repli inattendu de 18,1 % par rapport à février 2013, à 114,10 milliards de dollars, un chiffre très en deçà des prévisions des marchés.

Enfin, la production industrielle chinoise en janvier et février a progressé de 8,6 % par rapport à la même période de 2013, à son rythme le plus faible depuis 5 ans, confirmant un ralentissement persistant de l'économie, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

«Même si elles sont plus faibles qu'attendu, ces données sont fantastiques par rapport aux autres grandes économies mondiales. Mais le marché a été habitué à des chiffres de croissance élevée en Chine», a souligné Richard Fu, directeur pour les matières premières en Asie chez Newedge.

Enfin, le cours du cuivre a été pénalisé par son utilisation comme garantie pour des prêts en Chine. Avec la chute du cours, une telle garantie a perdu de sa valeur et les emprunteurs ont été obligés de rembourser les prêts concernés tandis que les banques sont moins enclines à octroyer de nouveaux emprunts avec du cuivre comme collatéral, ont expliqué les analystes de Jefferies.

Le nickel au plus haut depuis onze mois

Le cours du nickel a poursuivi son ascension cette semaine, grimpant vendredi à son plus haut niveau depuis mi-avril 2013, à 15 999 dollars la tonne.

«C'est sans aucun doute dû aux inquiétudes sur l'offre - d'un côté l'interdiction d'exporter (du minerai de nickel) depuis l'Indonésie et de l'autre la peur de possibles sanctions contre la Russie et de l'impact que de telles sanctions pourraient avoir sur les livraisons de nickel du premier producteur mondial» de ce métal, ont expliqué les analystes de Commerzbank.

L'Indonésie, premier exportateur mondial de nickel, interdit depuis le 12 janvier l'exportation de minerai brut, cherchant à inciter les compagnies minières à raffiner sur place.

Dans le cadre de la crise en Crimée, les dirigeants européens se sont accordés, lors de leur sommet extraordinaire le 6 mars, sur une stratégie en trois étapes, allant jusqu'à des sanctions économiques contre la Russie.

Mercredi, le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma russe, Alexeï Pouchkov, a prévenu que toute sanction européenne contre la Russie déboucherait sur des mesures réciproques, et pourrait mener à «un gel sans précédent» des contacts politiques, «pire que pendant les années de Guerre froide».




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