Le PDG de la compagnie pétrolière française Maurel et Prom Jean-François Hénin a indiqué lundi qu'il souhaitait investir davantage dans l'exploration pétrolière au Québec, jugeant «gigantesques» les richesses du sous-sol de la province.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Maurel et Prom, son ex-filiale MPI et le Canadien Pétrolia ont annoncé il y a un mois une association pour chercher du pétrole dans une zone de quelque 2000 km2 située dans la péninsule gaspésienne (est du Canada) dont ils détiennent les permis à parts égales.

Jean-François Hénin ne cache pas son intérêt pour l'île d'Anticosti, dont le sous-sol regorgerait de 40 milliards de barils de pétrole brut et pour lesquels Pétrolia a acquis 80% des permis : «On aimerait bien» être présents, a-t-il dit à l'AFP. «C'est pour ça qu'on s'est parlé et qu'on se parle» avec Pétrolia, qui vise une production à l'horizon 2016.

Le potentiel en hydrocarbures du golfe du Saint-Laurent «nous parait très intéressant à notre échelle, on parle de plusieurs dizaines de milliards de barils», a-t-il remarqué, ajoutant que «même si on prend 2 ou 3% de taux de récupération», car il s'agit de pétrole et de gaz non-conventionnels, «ce sont des montants qui sont gigantesques».

S'il possède depuis peu des participations dans des actifs pétroliers en Alberta (ouest du Canada), Jean-François Hénin ne s'en cache pas: «On a un oeil sur les deux extrémités du Canada, mais le projet le plus important, avec le plus grand potentiel, c'est avec nos amis de Pétrolia».

Pétrolia pense tester dès l'année prochaine la fracturation sur l'île d'Anticosti. Le gouvernement indépendantiste du Québec, comme l'a résumé vendredi à l'AFP son ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet, a une «position d'ouverture prudente» envers cette technologie.

«Nous avons des discussions avec des gens de chez Maurel pour voir si on peut partager certains travaux» portant sur la fracturation à Anticosti, a déclaré le PDG de Pétrolia André Proulx, expliquant que le groupe de M. Hénin, de par son expérience internationale au Gabon, en Colombie, au Mozambique et en Namibie, disposait d'une expertise bienvenue.

Si le projet continue tel qu'il est parti, «on participera de manière très très proche au niveau scientifique et éventuellement financier» aux tests de fracturation, a assuré Jean-François Hénin.

Avec les tests de fracturation menés en 2014, «nous serons capables de faire une règlementation qui sera basée sur des observations et sur ce qu'on aura vu pour que les autres opérateurs pétroliers aient un cadre législatif, réglementaire et de précaution qui soit applicable à cette industrie», a-t-il ajouté.

André Proulx a toutefois souligné que «d'autres partenaires» pourraient participer à ces tests de fracturation, le gouvernement devant encore finaliser les règles du processus. Tout en remarquant qu'il est important que «ce projet soit bien accepté» par la population, M. Hénin a souligné «l'aspect positif» de l'attitude du gouvernement, par rapport aux positions prises par la France où l'exploitation du gaz de schistes a été interdite.

«Si on comprend bien les positions de l'État (québécois), ils veulent avancer dans un ou plusieurs dossiers pour mettre en place des mécanismes de contrôle», a dit M. Hénin. «Ils disent: regardons, analysons une situation et encadrons là dès le départ pour se donner une chance de ne pas passer à côté de cette richesse».