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Sables bitumineux: opération séduction à Paris

Le ministre Joe Oliver a rencontré notre journaliste dans les bureaux... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATION SPECIALE, LA PRESSE)

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Le ministre Joe Oliver a rencontré notre journaliste dans les bureaux de l'ambassade du Canada à Paris.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATION SPECIALE, LA PRESSE

(Paris) Le ministre canadien des Ressources naturelles a entamé hier à Paris une vaste tournée paneuropéenne pour tenter d'enrayer la «discrimination» dont est victime selon lui le pétrole albertain.

Joe Oliver est en Europe pour dénoncer sur plusieurs tribunes une directive que s'apprête à adopter l'Union européenne (UE) sur la «qualité des carburants». Cette nouvelle norme placera le pétrole issu des sables bitumineux d'Alberta parmi les carburants les plus polluants de la planète.

«Quand une directive du deuxième plus grand marché au monde attaque la réputation de nos ressources, il faut qu'on soit là pour corriger les faits», a fait valoir Joe Oliver en entrevue avec La Presse, dans les bureaux de l'ambassade du Canada à Paris.

Le ministre, qui a aussi prononcé une conférence devant les plus grands médias parisiens, répétera l'exercice aujourd'hui à Bruxelles et demain à Londres. Des rencontres sont aussi prévues avec divers membres du Parlement européen. «On va essayer de diminuer les dommages», a-t-il dit.

Double standard

Joe Oliver estime que le Canada est injustement «pénalisé» par l'UE, qui appliquerait une forme de double standard. Les principaux fournisseurs de pétrole de l'Europe, dont les pays du Golfe, «entourent leurs données sur les émissions d'un voile de secret ou n'essaient même pas de les calculer», mais ils ne seront pas frappés par la nouvelle directive.

«On veut un système qui soit transparent et qui oblige tout le monde à rendre des comptes», a-t-il fait valoir.

Il rappelle en outre que l'Europe n'achète pas de pétrole canadien. «Peut-être que c'est plus facile de cibler une source d'énergie qu'ils n'achètent pas, comme ça ils se présentent comme un groupe qui s'occupe de l'environnement, sans coût», a-t-il avancé en entrevue.

Avec le projet de renversement du pipeline d'Enbridge au Canada, qui permettrait le raffinage du pétrole albertain au Québec, l'Europe pourrait toutefois devenir un nouveau marché pour le carburant canadien «d'ici cinq ans». D'où l'importance cruciale de prévenir à tout prix l'adoption de la nouvelle directive de l'UE, selon le ministre.

Joe Oliver a tenté hier de défendre le bilan environnemental des sables bitumineux, attaqué de toutes parts par divers chercheurs et groupes de pression. James Hansen, un ancien chercheur de la NASA, a notamment qualifié le gouvernement conservateur de «Néandertal» le mois dernier. Il a aussi dit que la partie sera finie pour l'environnement («game over») si l'Alberta va de l'avant avec tous ses projets d'exploitation.

Le ministre a encore une fois qualifié de «ridicules» ces commentaires. Il a cité une autre étude, réalisée par Andrew Weaver, du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, selon laquelle l'impact d'une exploitation massive des sables bitumineux albertains aurait un impact minime sur les changements climatiques.

Malgré l'aspect hautement controversé de sa visite en Europe, le politicien espère que son travail de lobbying et de relations publiques de cette semaine saura porter ses fruits. Si l'UE va de l'avant avec sa nouvelle directive, il n'exclut pas de déposer une plainte de l'Organisation mondiale du commerce.




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