Rio Tinto a mis une affiche à vendre sur le tiers de la capacité de production de sa division Alcan dans six pays, et fait savoir qu'elle entendait se concentrer sur ses usines les plus rentables, dont celles du Saguenay au Québec.

Mis à jour le 16 oct. 2011
Hélène Baril LA PRESSE

La décision, qui vise à augmenter la performance d'une filiale que Rio Tinto a payée très cher juste avant la crise financière de 2008, a été annoncée dimanche en Australie par le président et chef de la direction de l'entreprise anglo-australienne, Tom Albanese.

Au Canada, ce sera «business as usual», a précisé Jacynthe Côté, chef de la direction de Rio Tinto Alcan, lors d'un point de presse téléphonique. L'entreprise a l'intention de poursuivre ses investissements dans la technologie AP-60 au Saguenay et de mener à bien l'expansion annoncée de l'aluminerie de Kitimat en Colombie-Britannique. Ces usines sont «dans le premier quartile de la courbe des coûts».

Rio Tinto Alcan met en vente 13 usines, où travaillent 6000 de ses 22 000 employés. Six de ces usines situées en Australie et en Nouvelle-Zélande seront transférées dans une nouvelle unité d'affaires baptisée Pacific Aluminium, qui sera gérée de façon indépendante en attendant d'être vendue.

Sept autres usines jugées non stratégiques par Rio Tinto et situées en France, en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis, sont aussi mises en vente, mais leur sort est plus incertain. Elles continueront d'être gérées par Rio Tinto Alcan «qui étudiera plus à fond les options de cession».

Le contexte économique n'est pas idéal pour vendre ces installations à un bon prix, mais Rio Tinto n'est pas pressée. «Il n'y a pas d'urgence et on peut attendre que le climat économique s'améliore», a fait savoir Jacynthe Côté.

La chef de la direction de Rio Tinto Alcan n'a pas voulu dire si les actifs mis en vente étaient profitables ou déficitaires.

Mais toutes ces usines d'aluminium, d'alumine ou de bauxite ont en commun des coûts élevés, soit pour l'énergie, soit pour l'environnement, a-t-elle dit. Il s'agit quand même d'actifs de qualité, qui pourraient prospérer avec de nouveaux propriétaires, assure l'entreprise

Au total, les actifs mis en vente comptent pour 15% de la capacité de production de bauxite de Rio Tinto Alcan, 20% de sa capacité de production d'alumine et 33% de sa production d'aluminium.

Selon Jacynthe Côté, Rio Tinto Alcan récupérera rapidement cette capacité avec les projets d'expansion en cours dans ses autres usines de bauxite et d'alumine. «Pour l'aluminium, il nous faudra plus de temps pour revenir à notre capacité de production. On ajoute des tonnes, mais pas au même rythme».

Une fois amaigrie, Rio Tinto Alcan devrait être plus profitable. Elle aura toutefois moins d'envergure mondialement, ce qui devrait se répercuter sur son siège social montréalais.

Avant d'être acquise par Rio Tinto, Alcan projetait d'agrandir son siège social de la rue Sherbrooke Ouest. Ses projets ont été mis sur la glace par le nouveau propriétaire qui avait payé 38 milliards de dollars américains pour l'acheter.

Le gouvernement du Québec avait accepté de maintenir les ententes qui permettent à l'entreprise de produire sa propre énergie à très bas prix au Saguenay, à condition que le siège social conserve une taille et un nombre d'employés équivalent à ce qu'il était avant la transaction.

Depuis, on a appris que l'immeuble abritant le siège social de Rio Tinto Alcan avait été mis en vente et que l'entreprise est à la recherche d'un espace locatif au centre-ville.