Les prix du pétrole se sont repliés lundi à New York, alors que le plan d'aide à l'Irlande n'a pas apaisé les inquiétudes pesant sur la zone euro et que le dollar s'est raffermi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en janvier, pour son premier jour en tant que contrat de référence, a terminé à 81,74$, en recul de 24 cents par rapport à vendredi.

«Le marché est toujours inquiet de la crise de la dette en Europe», a expliqué Phil Flynn, de PFG Best Research.

Des experts de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) ont commencé lundi à Dublin à mettre au point les détails d'un vaste plan de sauvetage à l'Irlande, qui pourrait atteindre jusqu'à 90 milliards d'euros. Dans un premier temps, les marchés ont bien accueilli cette annonce mais l'enthousiasme s'est rapidement dissipé, avant même l'ouverture des marchés américains.

Ce renversement de tendance «suggère que les inquiétudes persistent sur la taille exacte du plan de sauvetage, sur le fait de savoir s'il est politiquement acceptable par l'opinion publique irlandaise et sur ce que cela signifie pour les membres de la périphérie de la zone euro», en premier lieu le Portugal et l'Espagne, ont observé les analystes de JPMorgan.

L'annonce a provoqué un fort mécontentement en Irlande. Le premier ministre Brian Cowen a rejeté les appels à sa démission immédiate, mais annoncé qu'il dissoudrait le parlement après le vote du budget prévu en début d'année.

Les investisseurs ont préféré se réfugier vers des actifs considérés comme plus sûrs, achetant «de l'or, de l'argent ou des obligations d'État, mais ils vendent les matières premières industrielles, comme le pétrole ou le cuivre», a souligné Phil Flynn.

Le dollar s'est par ailleurs raffermi, un signe d'inquiétude.

Le marché surveillait également la Chine, qui a annoncé dimanche de nouvelles mesures pour freiner la hausse du prix des matières premières et lutter contre une inflation qui s'accélère.