Shell Canada se dit prête à reprendre les négociations avec le groupe Delek, relativement à la vente de sa raffinerie de Montréal-Est.

LA PRESSE CANADIENNE

Shell Canada se dit prête à reprendre les négociations avec le groupe Delek, relativement à la vente de sa raffinerie de Montréal-Est.

Shell a donné au groupe israélien jusqu'à samedi après-midi pour signifier son intention, par écrit, de reprendre les pourparlers, ce qui ne serait qu'une formalité.

Le président du syndicat des employés de Shell à Montréal, Jean-Claude Rocheleau, s'est dit «content», vendredi, de voir que Shell était prête à reprendre les négociations avec Delek, mais a dit espérer que ce ne soit pas seulement un écran de fumée visant à redorer son image.

M. Rocheleau a dit attendre de voir si des avancées concrètes allaient en résulter avant de se réjouir. Il a fait valoir qu'un retour à la table ne donnait rien si les positions des parties restaient les mêmes.

En commission parlementaire, mardi, à Ottawa, un des vice-présidents de Shell Canada, Richard Oblath, avait répété que la pétrolière était prête à vendre sa raffinerie, mais seulement si les conditions étaient raisonnables. M. Oblath avait cependant fait valoir que l'entreprise avait déployé bien des efforts depuis un an, et qu'elle n'avait pas réussi à trouver un acheteur sérieux.

Plusieurs élus, dont le député libéral Denis Coderre, avaient été critiques envers l'attitude de Shell, et avaient mis en doute la réelle volonté de la pétrolière de vendre sa raffinerie. En entrevue à La Presse Canadienne vendredi, M. Coderre s'est réjoui de ce soudain revirement, qu'il impute à la pression unanime des élus à la Chambre des Communes, tous partis confondus. Il espère toutefois également que Shell ne s'est pas lancée dans un simple «exercice de relations publiques».

Denis Coderre se dit «optimiste et réaliste», soulignant le sérieux du groupe Delek, qui est prêt à investir 800 millions $ en dix ans dans la raffinerie de Montréal-Est, s'il en fait l'acquistion.

Selon M. Coderre, la vente de la raffinerie est importante non seulement pour protéger les quelque 800 emplois en péril, mais aussi pour assurer la sécurité énergétique du Québec et du reste du pays.

Le whip adjoint du Bloc québécois, Mario Laframboise, souhaite également que Shell n'ait pas décidé de revenir à la table de négociations seulement pour démontrer sa «bonne foi». Selon lui, l'acheteur potentiel est sérieux, alors que le «vendeur» semblait «fermé» jusqu'à ce changement apparent d'attitude.

Rappelons que Shell veut transformer sa raffinerie en simple terminal de distribution. Une injonction empêche la pétrolière de démanteler ses installations jusqu'au 10 septembre.