Le secrétaire américain à l'Énergie Steven Chu a dit lundi ne pas croire à une crise de l'offre de pétrole, estimant que les producteurs et les consommateurs allaient s'adapter à toute baisse de l'offre résultant d'un déclin des découvertes.

Mis à jour le 22 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je ne vois pas de crise», a déclaré le responsable américain, actuellement en visite en Arabie saoudite, qui détient les plus grosses réserves prouvées de brut dans le monde.

«Je vois une transition (...) vers des pétroles plus chers», comme ceux extraits dans des champs difficiles à exploiter, a-t-il ajouté.

«Si l'approvisonnement se raréfie, des pays vont limiter la consommation et se tourner vers d'autres sources d'énergie, comme le solaire ou le nucléaire, a encore dit M. Chu. Il y aura une renaissance de l'énergie nucléaire parce qu'elle est plus propre», a poursuivi le responsable américain.

Des économistes de l'énergie s'inquiètent d'une baisse ou d'un début de déclin de l'offre et de ses conséquences économiques, estimant que les découvertes ne compensaient pas la baisse des réserves.

S'adressant à un Forum sur l'énergie internationale à Ryad, M. Chu a aussi minimisé le scénario d'une crise de la demande, qui inquiète les exportateurs comme l'Arabie saoudite, le plus important du monde après la Russie.

Les Saoudiens s'inquiètent des campagnes contre les énergies fossiles qui peuvent limiter la consommation durant la prochaine décennie et réduire par conséquence ses revenus.

M. Chu a rejeté ce scénario, disant que la demande serait soutenue par les pays émergents même si elle recule aux États-Unis, le premier consommateur mondial.

Selon lui, l'industrie du transport n'a pas d'autre alternative énergétique. «Est-ce que la demande va baisser abruptement ? Non», a-t-il répondu.

«Le pétrole sera avec nous pour longtemps», a-t-il conclu.