Malgré l'annonce de résultats encourageants, EnCana (T.ECA) n'a pas repris son titre de champion des poids lourds à la Bourse de Toronto.

Mis à jour le 13 févr. 2009
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Les profits d'EnCana, qui s'est échangé le titre de la plus grande capitalisation boursière du TSX avec la Banque Royale au cours des dernières semaines, ont bondi de 50% l'an dernier. Les profits de la société gazière et pétrolière sont ainsi passés de 3,9 à 5,9 milliardsUS en 2008. Son bénéfice net par action a été de 5,86$US pour l'ensemble de l'année. Un résultat qui satisfait les dirigeants du producteur de gaz naturel (80%) et de sables bitumineux (20%) même s'il est inférieur de 19 cents aux prévisions des analystes. «Notre discipline des dernières années s'est avérée payante», dit le PDG, Randy Eresman.

 

La semaine dernière, EnCana s'est fait détrônée par Barrick Gold et la Banque Royale au classement des plus grandes entreprises inscrites à la Bourse de Toronto en termes de capitalisation boursière. «Nous n'étions même pas au courant que nous étions numéro un, c'est vous dire à quel point nous y accordons de l'importance, dit Randy Eresman. De toute façon, notre but n'est pas d'être la plus grosse entreprise du TSX. C'est d'être la meilleure entreprise du TSX.»

Pour l'instant, EnCana est certainement la société de gaz naturel la mieux gérée du TSX. L'an dernier, la société de Calgary a décidé de se couvrir contre les fluctuations du gaz naturel sur les marchés. Elle a vendu les deux tiers de sa production jusqu'en octobre 2009 à un prix fixé à l'avance: 9,13$ l'unité de 1000 mètres cubes. Considérant que le gaz naturel coûte entre 5$ et 7$ l'unité à produire et qu'il se vend actuellement 4,44$ l'unité sur les marchés, les dirigeants d'EnCana passent aujourd'hui pour des génies.

«Nous couvrons une partie de notre production à chaque année afin de nous assurer d'un certain nombre de revenus qui nous permettent d'investir dans nos infrastructures, dit le PDG, Randy Eresman. Cette année, nous avons décidé de couvrir une plus grande partie de notre production en raison de la fluctuation des marchés. Nos concurrents n'ont pas fait couvrir une aussi grande partie de leur production.»

L'année 2009 s'annonce toutefois plus difficile pour les géants de l'industrie énergétique comme EnCana, qui ne compte pas augmenter sa production. Ce sera une première depuis cinq ans. EnCana réduira aussi ses investissements en infrastructures pour la deuxième année consécutive - du jamais vu depuis la fin des années 1990. «Nous savons que la demande d'énergie sera réduite durant la récession, mais nous tentons d'évaluer exactement comment tout ça se passera», dit le PDG, Randy Eresman.

Actuellement, EnCana s'approvisionne dans les provinces de l'Ouest canadien et dans six États américains. La société de Calgary n'exclut pas la possibilité de produire un jour du gaz naturel au Québec. «Je m'attends à des développements au Québec éventuellement en matière de gaz naturel, dit Gerry Protti, vice-président aux affaires corporatives d'EnCana. Les géologues savent que le Québec peut produire du gaz naturel. Avant, il était impossible de penser faire de l'extraction au Québec, mais la technologie s'est améliorée et les entreprises peuvent envisager des projets de développement au Québec. Peut-être ce sera nous, peut-être ce sera d'autres entreprises.»

EnCana a utilisé ces nouvelles technologies d'extraction verticale en France, mais l'expérience n'a pas été concluante. «Beaucoup de dirigeants au siège social ont été fort déçus par cet échec, dit M. Protti. Je crois qu'ils auraient bien aimé diriger les opérations en France...»

Hier, le titre d'EnCana a gagné 0,35% (29 cents), et a clôturé la séance à 53,41$.