Les cours du pétrole continuent à baisser jeudi après une incursion sous la barre des 35 $ US au lendemain d'une forte hausse des stocks américains de brut, alors qu'ils se défendent à Londres et restent autour de 45 $ US.

Mis à jour le 12 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers midi, heure de Montréal, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mars gagnait 22 cents à 44,50 $ US le baril, par rapport à son cours de clôture de mercredi, sur l'InterContinental Exchange de Londres.À New York, le baril de light sweet crude pour la même échéance cédait 87 cents à 35,07 $ US, après un accès de faiblesse en cours d'échanges à 34,26 $ US.

«Le différentiel de prix entre le Brent de Londres et le light sweet crude de New York a atteint 9 $ ce matin, un record», ont souligné les analystes de la banque Barclays Capital.

Les prix creusent leur écart des deux côtés de l'Atlantique, renforçant une tendance qui se dessinait déjà la veille. Les prix avaient fini en baisse de 1,61 $ à New York et sur un modeste recul de 33 cents à Londres.

Alors que le Brent échangé à Londres tient bon autour de 45 $ US le baril depuis plusieurs semaines, le pétrole coté à New York a fortement baissé ces derniers jours.

«Les prix ont fini par trouver une direction à New York, en baisse, quand la faiblesse de la demande a triomphé, aux yeux des investisseurs, des actions des producteurs pour réduire l'offre», a expliqué Barclays Capital.

Dans le contexte économique actuel très sombre, «les réductions de production sont essentielles pour arrêter la hausse des réserves et réquilibrer les marchés de matières premières. Ceci vaut particulièrement pour le pétrole, où les prix sont sapés par des niveaux de stocks qui progressent», ajoute Helen Henton, de la banque Standard Chartered, pour qui «le respect des quotas de l'OPEP est le facteur critique».

Entretenant l'inquiétude sur la consommation d'or noir, l'Agence internationale de l'énergie a abaissé à 84,7 millions de barils par jour (mbj) sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2009 en raison de la crise économique, soit un recul de 1 mbj par rapport à 2008. Toutefois, dans le même temps, l'Agence a révisé à la baisse son estimation d'offre. Elle évalue notamment à 29,1 mbj la production de l'OPEP en janvier, son niveau le plus bas depuis cinq ans.

Mais aux yeux de certains analystes, la baisse des prix à New York tient à des raisons purement spéculatives plus qu'à l'état du marché.

«Nous persistons à penser que la chute du pétrole à New York, de 6 $ par rapport à la semaine dernière, tient en bonne partie au fait que les fonds indiciels sont en train de basculer leur position à New York», souligne ainsi Olivier Jakob du cabinet Petromatrix.

Les fonds indexés sur les matières premières, comme le fonds Goldman Sachs Commodity Index (S&P-GSCI), vendent le contrat de mars avant son expiration et se reportent sur avril, ce qui pèse lourdement sur les prix de mars.

L'accumulation des réserves --le terminal américain de Cushing, dans l'état central de l'Oklahoma, est en train d'arriver à sa limite maximale -- joue également en défaveur des prix à New York. Le marché a noté une nouvelle progression de 4,7 millions de barils des réserves de pétrole brut, un chiffre supérieur aux attentes.

Le scénario du mois dernier semble ainsi se répéter: un écart de prix très inhabituel s'était creusé entre New York et Londres, mais aussi entre l'échéance de référence et la suivante, le tout au détriment du premier contrat à New York.

Le marché continuait par ailleurs à guetter la progression du plan de relance économique aux États-Unis, l'état de l'économie américaine étant un facteur essentiel pour la demande d'or noir. Selon un conseiller démocrate, la Chambre des représentants américaine devrait voter vendredi sur ce plan.