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Relations amoureuses au travail: attention, danger en vue

Au Canada, 63% des salariés reconnaissent avoir eu une histoire d'amour avec... (PHOTO THINKSTOCK)

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Anne Gaignaire

Collaboration spéciale

La Presse

Au Canada, 63% des salariés reconnaissent avoir eu une histoire d'amour avec une personne de leur milieu professionnel, selon le GALT Global Issue. En France, 30% des couples se seraient formés sur leur lieu de travail.

La plupart du temps, ces romances se passent bien et les conflits liés à ces situations sont rares. Toutefois, lorsque des séparations se produisent ou qu'un membre de la hiérarchie est engagé dans la relation, la vigilance est de mise.

Jacynthe* et David* sont tombés amoureux l'un de l'autre. Le hic: Jacynthe est directrice des finances et David, son subalterne dans la même entreprise.

«Quand il s'agit de relations amoureuses entre deux employés du même niveau, l'impact sur l'entreprise est moindre. Mais quand il y a un rapport hiérarchique, c'est une difficulté», affirme Marcel Bérubé, président du Groupe Perspective, spécialisé dans le recrutement, la chasse de talents et les services-conseils en ressources humaines. Néanmoins, «moins de 5% des conflits dans l'entreprise ont pour origine une relation amoureuse», selon lui.

Risque de favoritisme, jalousie des autres employés ou crainte qu'il soit privilégié par rapport à eux, les ingrédients d'un climat de travail difficile, voire conflictuel sont là même si la relation se passe bien et dans la discrétion. Lorsqu'elle dégénère, comme dans les cas de séparation, la situation est manifestement problématique. Et là, «il faut éviter la contagion, car les deux membres de l'ex-couple n'accepteront pas la neutralité de leurs collègues, ils voudront qu'ils affichent leur soutien envers l'un ou l'autre et des clans peuvent se créer. C'est le pire danger, surtout dans les petites entreprises», explique Dominique Morneau, psychologue organisationnel.

«Transparence et communication»

Pour éviter qu'une relation amoureuse entre un employé et un membre de la direction tourne mal pour l'entreprise, une seule solution: «la transparence et la communication», martèle Marcel Bérubé, qui estime qu'il faut que la relation soit connue par la direction.

Selon François Landry, CRHA, président de Mobiliz3D, une entreprise de conseils en ressources humaines, toute entreprise devrait même se doter «d'une politique interne qui oblige les membres de la direction à déclarer si une relation amoureuse avec un employé émerge».

Quand la nouvelle est connue, François Landry conseille aux gestionnaires d'utiliser l'outil OBI: «Il faut analyser la situation selon ces trois principes: la hiérarchie est garante de l'ordre (O), la discipline et la crédibilité de l'entreprise, de son bon (B) fonctionnement et de la protection de son intégrité (I), de sa réputation. La relation risque-t-elle de mettre à mal un de ces trois principes?»

Une fois l'analyse réalisée, «il faut prendre les mesures qui en découlent, c'est un guide pour rationaliser et mettre de côté l'émotivité».

Quelles mesures? Ce peut être «déléguer vers le haut la supervision de l'employé pour éviter que son nouveau conjoint l'évalue ou décide de ses augmentations, par exemple», mentionne François Landry.

Plusieurs solutions

Il arrive que ce soit insuffisant. Même quand une relation amoureuse entre un dirigeant et un employé se déroule bien, il n'est pas rare qu'un des membres du couple - souvent plutôt l'employé, qui aura plus de facilité à trouver un autre emploi - quitte l'entreprise de lui-même, observe Marcel Bérubé. «La société perd alors des compétences.»

Mais le départ de l'entreprise n'est pas la seule solution, selon Dominique Morneau. «On peut proposer du coaching ou une médiation», poursuit le psychologue organisationnel.

Dans le cas d'une grande entreprise, le transfert d'un des deux employés dans un autre service peut aussi être envisagé. Dans une PME, c'est plus difficile.

«En région éloignée, la présence de couples dans les entreprises et même ceux dont une des deux personnes fait partie de la direction sont des situations très fréquentes, note François Landry. Les gens vivent avec ça et ça se passe bien, du moment que c'est connu et fait dans la transparence.» Et le respect de son rôle professionnel.

*Il s'agit de prénoms fictifs.




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