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Jean-Marc Léger: entrepreneur dans l'âme

«Il faut plus que de l'argent pour réussir... (Photo David Boily, La Presse)

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«Il faut plus que de l'argent pour réussir à l'international. Il faut être patient et s'entourer de partenaires. Il faut aussi s'y investir personnellement», estime Jean-Marc Léger.

Photo David Boily, La Presse

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque samedi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Le président de Léger, Jean-Marc Léger, répond aujourd'hui aux questions de la chef de la direction de la Financière Sun Life Québec et vice-présidente principale, Isabelle Hudon.

Quelle est la place accordée aux talents comparativement à la technologie dans une entreprise comme Léger?

Une entreprise comme la nôtre se résume exactement à ça: des gens et de la technologie. On peut dire qu'on leur accorde autant d'importance. L'innovation est au coeur de notre entreprise. Nous devons constamment trouver comment rejoindre le public là où il est.

Nous avons beaucoup investi pour devenir plus rapides, plus efficaces et plus précis, notamment avec notre panel web, qui peut rejoindre 400 000 personnes. Un sondage pouvait prendre deux mois à compléter auparavant. De nos jours, il est réalisé en 24 heures.

Les talents que nous avons sont jeunes (l'âge moyen est de 32 ans chez Léger) et ils savent utiliser toutes les plateformes. Ils sont aussi ceux qui réfléchissent au contenu. Ce sont des professionnels, spécialisés dans divers secteurs. Nous avons autant besoin d'eux que de la technologie.

Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à un entrepreneur qui souhaite lui aussi prendre de l'expansion et conduire ses activités à l'international, quel serait-il?

Nous avons fait neuf acquisitions au Canada dans les dernières années. Nous avons aussi un bureau aux États-Unis et en Europe. Je dirais qu'avant d'exporter nos connaissances, on doit d'abord dresser un plan d'affaires.

Il y a une règle que j'aime bien rappeler, celle du 2-2-2. S'établir ailleurs vous prendra deux fois plus de temps que vous le pensiez, et cela vous rapportera deux fois moins de revenus et deux fois moins de profits que vous aviez imaginé.

Il faut plus que de l'argent pour réussir à l'international. Il faut être patient et s'entourer de partenaires. Il faut aussi s'y investir personnellement.

On retrouve quatre femmes dans votre comité de direction et certaines d'entre elles gèrent vos bureaux mondiaux. Qu'est-ce qu'apporte la vision de la femme dans une entreprise de recherche intelligente?

La recherche intelligente est un métier féminin: les trois quarts de nos employés sont des femmes. Je ne veux pas paraître cliché, mais je dirais que les femmes sont plus méticuleuses et attentionnées. Elles ont en plus la sensibilité nécessaire pour bien comprendre les consommateurs. Notre entreprise n'existerait pas sans elles.

Quelle place une entreprise doit-elle accorder aux résultats d'un sondage dans sa stratégie ou sa vision globale? Et de façon concrète, comment le déploie-t-on?

Le consommateur est plus exigeant, plus expérimenté et plus infidèle qu'auparavant. Il faut être en contact constant avec lui avant, pendant et après le développement d'une nouvelle stratégie.

Avant de lancer un produit, une entreprise doit trouver qui est son client, comment il réagira et pourquoi il achèterait cette nouveauté.

Ensuite, elle doit suivre les critères établis au départ. Si, par exemple, on lance une bière en promettant qu'elle sera la plus froide ou la moins chère sur le marché, il faut s'y tenir. On vérifie à la fin la satisfaction du client. Si, avant, un consommateur satisfait en parlait à 13 amis, aujourd'hui, il rejoint 170 personnes.

Léger est une entreprise familiale qui a maintenant une envergure internationale. Quel a été votre plus grand défi comme patron dans cette évolution?

Depuis la fondation de Léger, j'ai eu cinq vies: celles de chercheur, de développeur, de gestionnaire, puis de financier. Maintenant, je suis l'avocat, puisque je m'occupe du volet juridique. Je n'ai pas renoncé à mes anciennes vies, mais j'ai évolué avec l'entreprise. La grande question, c'est de savoir jusqu'où on peut aller. Je suis un entrepreneur dans l'âme, j'ai besoin que les choses bougent. Le défi est justement de trouver comment continuer à grandir.

À lire samedi prochain: la présidente de Télé-Québec, Michèle Fortin, répond aux cinq questions posées par Jean-Marc Léger.

Le parcours de Jean-Marc Léger en bref

> Âge: 53 ans

> Études: Jean-Marc Léger est titulaire d'une maîtrise en économie de l'Université de Montréal.

> Président depuis: 1993

> Nombre d'employés: plus de 600

> Avant de fonder Léger avec son père: il était étudiant. M. Léger est passé des bancs d'école à l'entrepreneuriat.




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