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La relève formée sur un grand voilier

La stagiaire Fanny Charland Asselin à la barre... (Photo Alexandra Viau, collaboration spéciale)

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La stagiaire Fanny Charland Asselin à la barre du Roter Sand.

Photo Alexandra Viau, collaboration spéciale

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Alexandra Viau

Collaboration spéciale

La Presse

En plein essor, l'industrie maritime a besoin de se faire connaître pour combler ses besoins en main-d'oeuvre. Le Port de Montréal finance un stage d'initiation aux métiers de la mer pour faire naître de nouvelles vocations dès l'adolescence.

Pendant ses 24 premières heures à bord du Roter Sand, Hugo Régimbald n'a presque pas dormi. Surstimulé par la complexité de la vie en mer, le stagiaire de 16 ans ne voulait rien manquer. Gouvernail, vocabulaire de la voile, lecture du vent, positionnement sur une carte marine: Hugo a suivi tous les quarts de navigation pour apprendre un maximum de choses, tendant l'oreille à tout ce que disait le capitaine.

Il a été guidé par l'équipage du Roter Sand, un voilier-école propriété de l'organisme à but non lucratif (OBNL) ÉcoMaris, qui fait de l'éducation environnementale en mer. «L'équipage est dévoué. Il n'y a aucune honte à faire des erreurs avec eux», dit l'adolescent, qui a navigué de jour comme de nuit, au début du mois de juillet, entre Rimouski et la Nouvelle-Écosse.

Le stage d'Hugo Régimbald était financé par le Grunt Club, un OBNL qui favorise depuis 1931 l'esprit de fraternité au sein de l'industrie maritime du Port de Montréal. Quatre jeunes originaires d'Hochelaga-Maisonneuve sont aussi montés à bord grâce à une bourse du Port de Montréal.

«Une expérience en mer, ça ne peut être autre chose que marquant. Nous voulons permettre à des jeunes défavorisés de vivre ce qui créera peut-être l'étincelle qui les amènera à poursuivre leurs études à l'Institut maritime du Québec et à devenir marins», dit Sophie Roux, directrice des communications au Port de Montréal.

Cap sur les métiers de la mer

La vie en mer correspond bien aux jeunes qui n'aiment pas la routine. Les moussaillons apprennent vite que la météo est reine et qu'il y a toujours quelque chose à faire sur un navire. Ils découvrent aussi l'existence des métiers maritimes, un univers souvent méconnu des gens de la métropole et qui offre de bonnes perspectives de carrière.

Il y aura 2000 emplois à pourvoir au Québec dans les trois prochaines années, selon les prévisions du Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie maritime. Les métiers d'officiers mécaniciens et d'officiers de navigation sont particulièrement demandés, avec des salaires annuels oscillant entre 50 000 et 120 000$, selon l'expérience.

Au Québec, 80% de la population vit à proximité du fleuve Saint-Laurent sans pour autant s'y aventurer. Les soeurs jumelles Annie et Fanny Charland Asselin, qui ont grandi dans l'est de Montréal, ont ainsi navigué pour la toute première fois sur cette autoroute bleue qui offre un emploi direct à 13 200 Québécois.

«Je suis ici pour ajouter une bonne expérience à mon curriculum vitae», dit Fanny, 19 ans, qui a toujours voulu devenir policière, mais qui songe maintenant, en regardant l'horizon, à travailler pour la Garde côtière. Pour l'instant, son objectif demeure de terminer ses études secondaires.

Faire des efforts pour avancer

Ces jeunes ne deviendront pas tous marins, mais leur stage à l'école de la mer leur permet de renouer avec un plaisir (presque) perdu: faire un effort. C'est du moins ce qu'espère Simon Paquin, fondateur et directeur général d'ÉcoMaris, qui croit qu'un voilier est le meilleur outil d'apprentissage, parce qu'il plonge les gens dans l'action.

«L'important, c'est que les jeunes fassent quelque chose. En fin de compte, ils réalisent qu'il y a des gens dynamiques à bord qui les aiment et leur apprennent à faire des efforts, à travailler en équipe et à ne pas avoir peur», explique celui qui travaille de pair avec le Port de Montréal pour freiner l'érosion de la culture maritime québécoise.

Une expédition à la fois, ÉcoMaris veut créer un attachement au fleuve Saint-Laurent. Avant de descendre du bateau, Hugo Régimbald s'est confié: «J'ai passé l'une des plus belles semaines de ma vie. Je songe à aller dans la marine marchande.» Comme quoi même le mal de mer n'aura pas réussi à freiner son enthousiasme.

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ÉCOMARIS EN BREF

> ÉcoMaris accueille à bord des groupes de jeunes - et de moins jeunes - entre les mois de mai et d'octobre.

> Coût: 69$ pour une demi-journée; 1495$ pour une semaine

> Capacité à bord: 28 passagers à la journée; séjours plus longs: 20 personnes (équipage et stagiaires)

> Durée des séjours: d'une demi-journée à 14 jours

> Quand: de mai à octobre

> Contact: 418 800-1126 et info@ecomaris.org

- Notre collaboratrice était l'invitée d'ÉcoMaris




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