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Chapeau, les filles!: Gagner à sortir des sentiers battus

Au Québec, il n'y a que 1,3% de... (Photo archives La Presse)

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Au Québec, il n'y a que 1,3% de femmes parmi près de 160 000 salariés du domaine de la construction.

Photo archives La Presse

Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Étudiantes en logistique du transport, en conduite de grues, en soudage-montage, en mécanique d'ascenseur, en techniques de l'informatique, en aménagement de la forêt et autres programmes d'études traditionnellement masculins, c'est le temps de vous inscrire au concours «Chapeau, 
les filles!»

«Les filles gagneraient beaucoup à être plus curieuses envers les métiers traditionnellement masculins», affirme l'humoriste Marie-Lise Pilote, porte-parole de «Chapeau, les filles!»

En 2011, une diplômée d'une formation traditionnellement féminine gagnait un salaire hebdomadaire brut moyen de 30% moins élevé qu'un diplômé d'une formation traditionnellement masculine, d'après les calculs du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie (MESRST) à partir des enquêtes Relance. 

Certains expliquent la faible présence des femmes dans des domaines traditionnellement masculins par leur manque d'intérêt. Or, Mme Pilote croit plutôt que les filles n'explorent pas assez les possibilités qui leur sont offertes et que si elles le faisaient, elles découvriraient des voies intéressantes. 

Il y a 105 programmes d'études traditionnellement masculins, contre seulement 18 programmes traditionnellement féminins. 

Plusieurs métiers «de gars» ont aussi un avenir particulièrement reluisant. 

«Des 50 programmes offrant les meilleures perspectives d'emploi, il y en a 35 où les femmes ne sont presque pas représentées, indique Marie-Lise Pilote. La situation n'a pas énormément évolué dans plusieurs domaines.»

Depuis 18 ans, «Chapeau, les filles!» encourage les femmes à oser regarder vers d'autres métiers et professions que les habituels secrétaire, infirmière, enseignante et éducatrice en garderie. 

Marie-Lise Pilote croit qu'il y a encore beaucoup de préjugés sur les métiers traditionnellement masculins. 

«Par exemple, on croit que pour aller dans les métiers de la construction, il faut avoir une grande force physique, dit-elle. Mais certaines femmes sont plus fortes que certains hommes et en plus, les métiers sont grandement mécanisés aujourd'hui. Pourtant, il y a seulement 1,3% de femmes parmi près de 160 000 salariés du domaine de la construction.»

Solidarité féminine

Le concours est aussi une occasion de promouvoir des modèles de femmes exerçant un métier traditionnellement masculin. 

«"Chapeau, les filles!" a un volet mentorat rendu possible grâce à la participation de filles qui ont déjà gagné le concours, indique Mme Pilote. C'est important parce que ce n'est pas toujours facile pour les filles qui s'intéressent à un métier traditionnellement masculin. Plusieurs sont sensibles à ce qu'on pourrait penser d'elles et bien des parents ne les encouragent pas dans cette voie.»

Lors du gala national de «Chapeau, les filles!», Marie-Lise Pilote conseille chaque année aux participantes de profiter de l'événement pour établir des contacts entre elles. 

«Lorsqu'elles iront travailler dans leur milieu de gars, elles vivront des difficultés, affirme Marie-Lise Pilote. Elles doivent apprendre des gars qui travaillent ensemble depuis des générations et se soutiennent alors que les femmes restaient à la maison. Elles risquent aussi de rencontrer des employeurs réticents à embaucher des filles. Si elles deviennent solidaires, je crois qu'on pourrait voir de grands avancements.»

Aux hommes, elle conseille d'accueillir leurs collègues féminines à bras ouverts. 

«Les filles rendent souvent les milieux de travail plus sécuritaires parce qu'elles n'ont pas peur de passer pour des moumounes en respectant les règles de sécurité et par la suite, elles influencent les gars, remarque l'ex-animatrice de l'émission Ma maison Rona. Les milieux de travail deviennent aussi moins machos lorsque des filles arrivent et cela fait l'affaire de bien des gars. Souvent aussi, les hommes et les femmes se complètent bien dans le travail.»

Les étudiantes inscrites à un diplôme d'études professionnelles ou à un diplôme d'études collégiales traditionnellement masculin peuvent s'inscrire à «Chapeau, les filles!», alors que les étudiantes inscrites en science ou en génie à l'université sont admissibles au volet Excelle Science. Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au 14 mars.

Plusieurs prix régionaux et nationaux seront remis, allant jusqu'à des montants de 5000$. Des séjours professionnels à l'étranger d'une valeur de 2000$ seront aussi remis. Les détails du concours sont sur le site du MESRST.




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