Précurseur du pharmacien, l'apothicaire préparait potions, décoctions et autres sirops pour soigner les malades. Portrait de ce métier à mi-chemin entre sorcier et médecin!

Emilie Laperrière, collaboration spéciale LA PRESSE

L'apothicaire choisit et pèse ses ingrédients, les écrase, les malaxe, les pulvérise, les mélange et en fait les sirops, pilules et emplâtres pour ses clients. Sa profession correspond en quelque sorte à l'assistant de nos actuelles pharmacies.

Avant le 19e siècle, rares sont ceux qui faisaient des études théoriques. La plupart des apothicaires héritaient de leur père boutique et savoir. L'apprenti devait maîtriser le latin et la grammaire, notamment pour pouvoir lire les ordonnances des médecins. Après 10 ans de compagnonnage, l'élève pouvait accéder à la maîtrise, après la réussite de diverses épreuves.

Différents récipients garnissaient la boutique de l'apothicaire: les chevrettes recueillaient les sirops et les huiles, alors que les pots à canon servaient pour les onguents, les opiats, les confections et les baumes. L'eau distillée était quant à elle conservée dans des cruches.

Les apothicaires devaient toutefois concurrencer les épiciers, les droguistes et les charlatans, puisque chacun pouvait concocter ses propres remèdes. Même les curés donnaient des conseils ou fournissaient des recettes médicinales.

Au 18e siècle, apothicaire et pharmacien exerçaient déjà deux métiers distincts. Le pharmacien vendait des médicaments déjà fabriquées, tandis que l'apothicaire, lui, réalisait ses prescriptions médicamenteuses.

... à pharmacien

Comme professionnel de la santé, le pharmacien a succédé à l'apothicaire vers 1777. Petit aperçu de ce métier qui fait le pont entre le médecin et votre guérison.

Annie Couture est pharmacienne et oeuvre dans une pharmacie communautaire. «En plus de préparer les ordonnances des clients, je dois m'assurer qu'ils reçoivent le meilleur médicament possible (selon ce qu'on leur a prescrit) et le bon dosage,» explique-t-elle. Si elle n'est pas convaincue que le médicament est le bon, elle doit intervenir. Elle contacte alors le médecin pour discuter du traitement proposé.

Donner des conseils est inhérent à la profession de pharmacien. «Je dois promulguer des conseils aux clients qui commencent une nouvelle médication. Je réponds également à ceux qui ont des questions sur les produits vendus sans ordonnance», précise-t-elle.

La minutie et un sens des responsabilités sont de mise. «On ne peut se permettre de faire des erreurs avec les médicaments; les conséquences sont trop graves», dit-elle.

Le baccalauréat en pharmacie mène généralement à la pratique en pharmacie privée. Les finissants peuvent aussi travailler dans les établissements de santé ou dans l'industrie pharmaceutique. De plus en plus, des pharmaciens agissent à titre de consultants, en pratique individuelle.

Selon Emploi Québec, 6000 personnes exerçaient ce métier en 2009 dans la province.