Le géant des dépanneurs Alimentation Couche-Tard (T.ATD.B) affiche des résultats records, au moment qu'il entame un sprint décisif avec son offre d'achat de près de 2 milliards US pour Casey's General Stores, aux États-Unis.

Mis à jour le 25 août 2010
Martin Vallières LA PRESSE

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Lors de son plus récent trimestre, terminé le 18 juillet, Couche-Tard a su profiter d'une hausse forte de 16% de ses ventes totales, dont 9% après exclusion des ventes d'essence, pour rehausser son bénéfice net de 42% à 129 millions US.

Alors que la reprise économique bat de l'aile, Couche-Tard a aussi réalisé un fort gain des ventes de ses magasins comparables, c'est-à-dire ouverts depuis plus d'un an. Ces ventes, qui excluent l'apport des nouveaux magasins et des acquisitions récentes, étaient en hausse enviable de 4,4% aux États-Unis et de 6,6% au Canada.

Couche-Tard a maintenu une gestion serrée de ses coûts d'exploitation qui, malgré la conjoncture difficile, lui a permis d'augmenter ses principales marges bénéficiaires.

«La croissance des ventes de magasins comparables et des marges bénéficiaires est très forte chez Couche-Tard», a constaté Irene Nattel, analyste en commerce de détail chez Marchés des capitaux RBC lors de la webconférence avec les dirigeants de l'entreprise.

Pour Martin Landry, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, «ces plus récents résultats de Couche-Tard sont très positifs, étant donné la forte croissance des ventes de marchandises (excluant l'essence) dans les magasins comparables et le contrôle des frais d'exploitation.»

En Bourse, les investisseurs ont aussi apprécié ces bons résultats trimestriels de Couche-Tard.

Malgré un marché très baissier, ils ont poussé les actions du détaillant en forte hausse de 12% en cours de séance jusqu'à 23,55$, un sommet depuis trois ans. Elles ont clôturé avec une hausse un peu moindre de 8% à 22,69$.

Le cas Casey's

Pour la suite, c'est vers le gros projet d'acquisition de Couche-Tard dans le Midwest américain que se tourne l'attention de ses actionnaires et des analystes. Car cette offre d'achat de presque 2 milliards annoncée en avril dernier pour Casey's, qui la rabroue fortement, est parvenue à des étapes décisives.

Dans ce contexte, les dirigeants de Couche-Tard ont préféré s'en tenir hier à des commentaires très généraux.

Le président et chef de la direction, Alain Bouchard, a réitéré sa «déception» de la décision des dirigeants de Casey's de «mettre des embûches sans même ouvrir le dialogue alors que je persiste à croire que l'union est dans le meilleur intérêt des deux entreprises».

Pour sa part, le vice-président et chef des finances de Couche-Tard, Raymond Paré, a rappelé aux analystes qu'avec ses bons résultats, le détaillant avait les moyens de «lever rapidement du financement additionnel en cas d'acquisition majeure».

Avec l'offre pour Casey's, c'est d'ailleurs en fin de journée aujourd'hui ou demain que l'on devrait connaître le sort de la principale défense du détaillant américain contre Couche-Tard.

Il s'agit d'une audacieuse offre à ses propres actionnaires de racheter le quart de leurs actions, jusqu'à concurrence de 500 millions US. De plus, ce rachat est offert à un prix par action supérieur à la plus récente offre de Couche-Tard, à 36,75$US.

Par ailleurs, c'est dans quelques jours - d'ici le 30 août, la veille de sa propre assemblée d'actionnaires à Laval - que Couche-Tard doit décider s'il prolonge son offre une autre fois. Et du coup, s'il la bonifie une deuxième fois, afin de mieux contrer le rachat d'actions de Casey's.

Ces étapes franchies, le round final se déplacera ensuite parmi les actionnaires de Casey's, lors de leur assemblée annuelle du 23 septembre prochain.

Entre autres, ils voteront sur une proposition de Couche-Tard de remplacer le conseil d'administration de Casey's par de nouveaux administrateurs favorables à ses ambitions.