Offrir des dizaines de millions de plus ou battre en retraite.

Martin Vallières LA PRESSE

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C'est le dilemme auquel font face les dirigeants d'Alimentation Couche-Tard [[|ticker sym='T.ATD.B'|]] après que leur cible d'acquisition aux États-Unis, Casey's General Stores, eut riposté de manière cinglante à l'offre d'achat du groupe québécois.

Non seulement Casey's a rejeté cette offre, comme plusieurs s'y attendaient, mais le détaillant établi en Iowa a dévoilé hier une séduisante proposition de 500 millions US à ses actionnaires en leur offrant de racheter leurs actions à un prix supérieur à l'offre de Couche-Tard.

Cette riposte audacieuse de Casey's, concoctée avec le géant financier Goldman Sachs, doit durer jusqu'au 25 août prochain. Si elle réussit, Casey's se réapproprierait 25% de ses actions en circulation à un prix minimum de 38$US l'unité.

Or, ce prix est supérieur d'au moins 3,5%, ou 1,25$ l'action, à celui offert par Couche-Tard, après sa récente hausse de 36$ à 36,75$US l'action. Cette offre vient à échéance le 6 août.

En Bourse, hier, les actions de Casey's ont rebondi à tout près de 38$US, niveau atteint lors de la première annonce de l'offre de Couche-Tard en avril dernier. Ce prix a depuis été qualifié de «trop élevé» par le président de Couche-Tard, Alain Bouchard.

Mais, de l'avis des analystes, Couche-Tard pourrait être forcée de proposer au moins 38$US par action si elle désire aller de l'avant avec son offre.

Le coût d'achat de ce détaillant dans le Midwest américain approcherait alors les 2 milliards, comparativement à 1,9 milliard actuellement.

Selon Martin Landry, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, cette situation particulière, ajoutée aux commentaires de Couche-Tard à l'égard de la valeur de Casey's, «décroît la possibilité que cette transaction se réalise».

À la Financière Banque Nationale, l'analyste Jim Durran est plus catégorique. «Couche-Tard pourrait retirer son offre, du moins temporairement, afin de constater à quel prix s'établira le rachat d'actions par Casey's. Couche-Tard pourrait revenir ensuite avec une autre offre», indique l'analyste dans un commentaire à ses clients-investisseurs.

Les actions de Couche-Tard ont gagné 2,5%, à 21,84$ hier, à la Bourse de Toronto.

Au siège social du détaillant à Laval, hier, la discrétion était de mise. Dans un communiqué d'usage, le président Alain Bouchard dit continuer à «évaluer (les) options». Les «options» sont toutefois de moins en moins nombreuses pour le géant québécois des dépanneurs. Il y a quelques jours, l'agence de notation financière Moody's a placé sous «révision» la cote de crédit attribuée à Couche-Tard en raison du financement encore méconnu de son offre pour Casey's.

Pour sa part, l'analyste Jim Durran souligne qu'avec son rachat d'actions de 500 millions US, Casey's alourdira son bilan encore faiblement endetté de 180 millions US, ce qui pourrait embêter l'évaluation faite par Couche-Tard.

L'analyste prévoit que Casey's accroîtra sa dette de 400 millions US avec ce rachat d'actions, la part restante de 100 millions US provenant de ses liquidités.