ALENA: les négociations s'étireront en 2018

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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a martelé aux Américains le message-clé d'Ottawa: le Canada est votre plus gros client.

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(Ottawa) Les négociations en vue de la modernisation de l'ALENA s'avèrent plus complexes que prévu et s'étireront au moins jusqu'au début de 2018.

C'est ce qu'ont annoncé mardi après-midi les négociateurs des trois pays qui forment cette alliance - le Canada, les États-Unis et le Mexique -, au terme de la quatrième ronde de pourparlers qui se déroulait près de Washington.

Le président américain Donald Trump, fervent pourfendeur de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), avait initialement fixé la fin de 2017 comme date-butoir pour en arriver à une nouvelle entente. 

Or, les prochaines rondes de négociations de l'ALENA seront plus espacées les unes des autres, en vue de permettre à chaque pays d'effectuer davantage de consultations. Cela étirera le calendrier au moins jusqu'au début du printemps.

Rappel d'Ottawa

Pendant une conférence de presse conjointe avec ses homologues américain et mexicain, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a martelé aux Américains le message-clé d'Ottawa: le Canada est votre plus gros client.

Mme Freeland a rappelé que les États-Unis vendent davantage au Canada qu'ils ne le font au Royaume-Uni, à la Chine et au Japon combinés. 

Elle a aussi rappelé que les États-Unis affichent un excédent commercial global de 8 milliards avec le Canada, et de 36 milliards en ce qui concerne les produits manufacturés.

Demandes «non-conventionnelles»

La ministre a également dénoncé plusieurs demandes «non-conventionnelles» formulées par les États-Unis à la table de négociation. Washington souhaite notamment l'abolition du système de la gestion de l'offre au Canada - qui frapperait les producteurs agroalimentaires -, de même qu'un affaiblissement des mécanismes de règlement des différends et une «clause crépusculaire» qui pourrait faire disparaître l'ALENA dans cinq ans.

«Nous avons vu des propositions qui tourneraient le dos à 23 ans de prévisibilité, d'ouverture et de collaboration sous l'égide de l'ALENA, a déclaré Mme Freeland. Dans certains cas, ces propositions vont à l'encontre des règles de l'Organisation mondiale du commerce. C'est troublant.»

Le représentant américain au Commerce, Robert Lightizer, s'est dit quant à lui «surpris et déçu» de voir le Canada et le Mexique opposer une «résistance» aux changements demandés par Washington, alors que les ministres de ces deux pays se tenaient juste à côté de lui. 

Selon lui, le Mexique et le Canada n'ont laissé filtrer «aucune indication» qu'ils sont prêts à accepter des modifications en vue de réduire le déficit commercial des États-Unis au sein de l'ALENA.

Chrystia Freeland a réitéré que le Canada espérait le meilleur dans le cadre de la présente renégociation, tout en se préparant «au pire». La cinquième ronde de pourparlers sur l'ALENA se déroulera à Mexico du 17 au 21 novembre.




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