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Bois d'oeuvre: l'aide d'Ottawa ne sera pas immédiate

Selon le département du Commerce américain, les exportations... (La Presse, Patrick Sanfaçon)

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Selon le département du Commerce américain, les exportations canadiennes de bois d'oeuvre à destination des États-Unis ont totalisé 4,7 milliards US en 2016.

La Presse, Patrick Sanfaçon

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Si Québec se dit prêt à aider financièrement les entreprises forestières aussitôt que les Américains auront décrété des droits compensatoires sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre, il faudra plus de temps à Ottawa avant d'agir.

Bien qu'il ait discuté du dossier avec les provinces, le gouvernement Trudeau arrêtera son choix sur la forme d'aide financière qu'après avoir analysé les mesures qui devraient être annoncées mardi par le département américain du Commerce, a indiqué une source gouvernementale qui n'a pas voulu être identifiée.

«Il est difficile de déterminer quoi que ce soit tant que nous ne connaîtrons pas la teneur des taux imposés», a expliqué cette personne.

Après que des barrières tarifaires eurent été imposées en 2001, le gouvernement fédéral avait mis plusieurs mois avant de mettre de l'avant deux programmes d'aide financière. Il avait d'abord octroyé plus de 300 millions en 2002 et 1,5 milliard en novembre 2005 -dont 900 millions en garanties de prêt.

Le département du Commerce devrait préciser mardi l'ampleur des droits compensatoires qui seront imposés sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre. Une décision entourant les droits antidumping est également attendue le 23 juin.

Au total, ces deux mesures devraient totaliser des droits compensatoires oscillant entre 30 et 40%, d'après les analystes financiers. Les trois principaux producteurs établis dans l'Ouest canadien devraient être pénalisés davantage que la compagnie québécoise Produits forestiers Résolu et J.D. Irving, établie au Nouveau-Brunswick.

Un taux moyen devrait être appliqué aux autres entreprises du secteur.

Pour sa part, le gouvernement Couillard, qui s'est engagé à mettre sur pied un programme de garanties de prêt pour les compagnies touchées, se dit prêt à intervenir dès le «jour 1», affirme sa ministre de l'Économie, Dominique Anglade.

«Nous avons eu des discussions avec le gouvernement fédéral et je pense qu'il serait (...) temps pour Ottawa d'être présent», a-t-elle dit, lundi, au cours d'un entretien, en marge d'une annonce à Montréal.

De passage dans la réserve de Mashteuiatsh, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le premier ministre Philippe Couillard a abondé dans le même sens, ajoutant qu'Ottawa devrait également s'engager dans le «développement de nouveaux produits et de nouveaux marchés d'exportation» pour l'industrie du bois d'oeuvre.

Une source de l'industrie forestière québécoise qui n'a pas voulu être nommée a indiqué que «jusqu'à présent, personne n'avait de signal» quant à la possibilité qu'Ottawa puisse annoncer prochainement des mesures d'aide.

Le porte-parole de Résolu, Seth Kursman, a exhorté le gouvernement Trudeau à s'engager à appuyer l'industrie forestière afin de préserver de nombreux emplois dans les communautés rurales.

Plusieurs provinces -dont le Québec- s'opposent aux quotas et tarifs douaniers aux États-Unis, estimant que leurs régimes forestiers répondent aux exigences américaines en matière de libre-échange.

Selon le département du Commerce, les exportations canadiennes de bois d'oeuvre à destination des États-Unis ont totalisé 4,7 milliards US en 2016. L'Institut économique de Montréal estime que le marché américain représente près de 75% des exportations du pays et près de 24 300 emplois directs.

Aucun détail

Le gouvernement Couillard anticipe l'imposition de droits compensatoires, mais pour le moment, Mme Anglade dit n'avoir aucun détail entourant les décisions prises par l'administration Trump.

«Je ne peux vous donner ni l'ampleur ni les proportions (des mesures compensatoires), a-t-elle dit. Je n'ai pas eu d'écho de ce qui s'en vient.»

Même son de cloche au Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), ce qui n'empêche pas son économiste en chef, Michel Vincent, d'anticiper un taux préliminaire «un peu échevelé».

«Le département du Commerce a son chiffre et ses documents sont prêts, a-t-il dit. Mais c'est un secret très bien gardé. Le taux préliminaire risque d'être tiré par les cheveux.»

Si le Québec s'attend à un coup de pouce d'Ottawa, la Colombie-Britannique se montre plus prudente, puisqu'à son avis, une aide financière fédérale à l'industrie pourrait être considérée injuste par les négociateurs américains.

Contrairement au conflit précédent, les producteurs de l'Ouest canadien ont usé de précautions cette fois-ci en en achetant des scieries aux États-Unis en plus d'augmenter leurs exportations de bois d'oeuvre vers la Chine. Toutefois, les analystes estiment que les plus petits producteurs du Québec et de l'Ontario sont plus vulnérables parce qu'ils n'ont pas les reins aussi solides pour payer des droits compensatoires, ce qui pourrait provoquer des fermetures d'usines.

Selon Hamir Patel, de Marchés des capitaux CIBC, les droits compensatoires imposés à Résolu et J.D. Irving par le département du Commerce pourraient être moins élevés par rapport à ceux des trois autres producteurs établis en Colombie-Britannique. L'analyste estime que cette situation pourrait créer des tensions entre le Québec et la Colombie-Britannique.




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