Il n'y aura pas de surprises au prochain discours du Trône, a indiqué mercredi le ministre fédéral des Finances, si ce n'est que sa détermination à atteindre l'équilibre budgétaire d'ici 2015 sera maintenue.

Mis à jour le 21 août 2013
Julian Beltrame LA PRESSE CANADIENNE

Avec l'annonce plus tôt cette semaine d'une prorogation imminente, le gouvernement de Stephen Harper se prépare à ouvrir une nouvelle session parlementaire, discours du Trône inclus, en prévision de la campagne électorale de 2015.

Le ministre Jim Flaherty a soutenu mercredi que tous ses efforts seraient une fois de plus consacrés à l'élimination du déficit budgétaire, ajoutant qu'il prendrait toutes les mesures nécessaires pour parvenir à ses fins.

Et si cet objectif est atteint, Ottawa devrait pouvoir adopter le fractionnement du revenu à compter de cette année, une promesse électorale qu'avait faite M. Harper en 2011. Cette mesure permettrait aux membres d'un couple avec enfant mineur de partager jusqu'à 50 000 $ de revenus, pour permettre au conjoint qui gagne le plus de réduire son revenu imposable.

Il a toutefois prévenu que l'introduction de cette mesure fiscale n'était pas certaine et que cela dépendrait notamment de la santé des économies européenne, asiatique et américaine, ainsi que de la vigueur de la croissance économique au pays, entre autres.

Outre le fractionnement du revenu, les conservateurs avaient également promis au scrutin de 2011 de doubler le plafond de 5000 $ des contributions annuelles à des comptes d'épargne libres d'impôt (CÉLI). Ce plafond a été relevé à 5500 $ l'an dernier.

Or, ces mesures ne se concrétiseront que dans l'éventualité où le gouvernement fédéral atteindrait l'équilibre budgétaire. Ottawa a calculé que le fractionnement du revenu permettrait de réduire le fardeau fiscal d'environ 1300 $, en moyenne, pour près de deux millions de familles canadiennes, tandis que le trésor fédéral serait privé de 2,5 milliards $ de recettes.

Le ministre Flaherty a fait du retour à l'équilibre budgétaire une affaire quasi personnelle ces dernières années, à l'instar du ministre libéral Paul Martin dans les années 1990.

Interrogé quant à la possibilité que l'atteinte du déficit zéro puisse se traduire par de nouvelles compressions, M. Flaherty a affirmé mercredi qu'il était peu probable que ce soit le cas, ajoutant toutefois que «(nous ferons) ce qu'il faut».

Il a par ailleurs indiqué qu'il pourra trouver dans son budget les sommes nécessaires pour les sinistrés de Lac-Mégantic et des inondations en Alberta, de même que pour le nettoyage de ces sites.

M. Flaherty a fait ces commentaires avant d'amorcer sa «séance annuelle de réflexion stratégique» avec des gens d'affaires et des universitaires, dans un hôtel de Wakefield, au nord de Gatineau.