Les entreprises canadiennes doivent en faire plus pour s'assurer que la corruption ne s'immisce pas dans leurs affaires, affirme une avocate spécialisée en la matière.

Publié le 17 oct. 2012
Sylvain Larocque LA PRESSE CANADIENNE

La Commission Charbonneau et le scandale de malversations qui a secoué le géant de l'ingénierie SNC-Lavalin au début de l'année ont attiré l'attention sur des pratiques qui sont peut-être plus répandues qu'on le croyait jusqu'ici.

Selon le cabinet d'avocats McCarthy Tétrault, la Gendarmerie royale du Canada mène actuellement plus de 30 enquêtes en matière de corruption à l'étranger.

Au cours d'un entretien téléphonique, l'avocate Kristine Robidoux, du cabinet Gowlings, a déclaré qu'il est essentiel pour les entreprises de se doter d'un code de déontologie interdisant explicitement les pots-de-vin et le trafic d'influence.

Or, un code, aussi strict soit-il, ne résout rien s'il n'est pas appliqué, a-t-elle noté. Il est donc encore plus fondamental de sensibiliser les employés aux règles à suivre quand vient le temps de décrocher des contrats.

Les cabinets d'avocats multiplient actuellement les séminaires sur les risques de corruption au sein des entreprises. Certains y voient une façon pour les firmes de tirer profit de l'engouement actuel des médias pour ce phénomène.

Me Robidoux fait toutefois remarquer que les autorités policières se montrent désormais plus sévères en matière de corruption. Et elle souligne que pour une entreprise, les coûts d'un scandale sont beaucoup plus élevés que ceux découlant de la mise en place de mesures de prévention.