La perte de poids économique du Québec dans l'ensemble canadien devrait se poursuivre au moins jusqu'au milieu de la décennie, entraînant une plus faible croissance dans ses grandes villes.

Mis à jour le 12 janv. 2012
Rudy Le Cours LA PRESSE

Dans le premier des deux volets de ses perspectives métropolitaines trimestrielles, le Conference Board du Canada prédit que c'est l'agglomération de Trois-Rivières qui devrait exceptionnellement connaître la plus forte croissance cette année avec un taux de 2,6%. Cela la classe au septième rang sur 27 régions métropolitaines de recensement. Québec arrive au 14e rang à 2,1%, Montréal au 15e à 2,0%, Sherbrooke et Ottawa-Gatineau aux 20e et 21e rang à 1,8% et Saguenay au 25e rang avec 1,5% seulement.

Pour la région trifluvienne, il s'agira d'un retournement bienvenu puisque le Board la classe 27e sur 27 en 2011 avec une décroissance de 0,7%. Saguenay faisait tout juste un peu moins mal avec un recul de 0,1%.

Pour l'ensemble du Québec, le Board prévoit une croissance de 1,8%, à peine mieux que l'expansion de 2011, estimée à 1,5%. Pour la période de 2013-2016, l'organisme basé à Ottawa la projette à 1,7%. Les chiffres comparables pour le Canada sont 2,1%, 2,4% et 2,7%.

Les Prairies en tête

C'est la Saskatchewan et l'Alberta qui tireront encore mieux leur épingle du jeu. Leurs grandes villes en profiteront forcément. En 2012, Saskatoon, Calgary, Edmonton et Regina domineront la croissance avec une avancée oscillant entre 2,9% et 4,0%. En 2011, trois de ces villes étaient aussi dans le Top 4, l'exception étant Calgary.

Pour la période 2013-2016, ces quatre villes se retrouvent parmi les cinq premières, jointes par Vancouver. L'agglomération québécoise qui devrait faire le mieux se classe 12e et c'est... Ottawa-Gatineau. Montréal est 14e, Sherbrooke 15e, Québec 20e, Saguenay 25e et Trois-Rivières aura l'illustre insigne d'occuper la queue du peloton.

Pour Montréal, le Board n'est guère optimiste. Les meilleures nouvelles sont l'annonce de la construction d'un nouveau pont Champlain (à partir de 2015!) et la mise en chantier de l'hôpital Shriners pour enfants.

Les auteurs de l'étude notent que le secteur manufacturier a minci d'environ 20% depuis 2000. Ils prévoient qu'il croîtra cette année, mais son effectif diminuera encore. «Une autre congestion liée aux infrastructures pourrait réduire la production dans une variété de secteurs», prévient l'organisme.

La croissance démographique sera assurée exclusivement par l'immigration internationale, la région métropolitaine souffrant de migrations interurbaines et interprovinciales. Les nouveaux arrivants devraient être de l'ordre de 40 000 par année d'ici 2016.

Le revenu personnel par habitant se situait à 35 800$ en 2010, ce qui reste supérieur à la moyenne québécoise (34 600$) mais inférieur à la canadienne (37 600$).

Ces 35 800$ cachent d'énormes disparités. À Saint-Jérôme, le revenu imposable s'élève tout juste à 31 180$, comparativement à 138 330$ à Westmount.

Le revenu par habitant dans la Vieille Capitale est plus élevé que la moyenne canadienne à hauteur de 39 000$. Il paraît aussi mieux distribué, l'écart entre le plus faible (35 790$ à Sainte-Brigitte de Laval) et le plus élevé (Lac-Beauport à 59 700$) étant beaucoup moins grand que dans le Grand Montréal.

Le Board estime que l'industrie de la construction profitera beaucoup de l'édification d'un nouveau pavillon au Musée national des Beaux-arts, financé par le secteur privé et surtout du nouvel aréna, à même les fonds publics essentiellement, dans la perspective d'y accueillir une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH), de quoi compenser la réduction des dépenses d'infrastructures gouvernementales.