Pour la première fois depuis que la Banque du Canada a relevé les taux d'intérêt le 20 juillet dernier, les négociateurs d'obligations font le pari que Mark Carney, le gouverneur de la Banque centrale, laissera les coûts d'emprunt inchangés lorsqu'il se réunira avec ses collègues décideurs dans deux semaines.

Mis à jour le 24 août 2010
Bloomberg LA PRESSE

Les probabilités dérivées des swaps de taux à un jour indiquent qu'il y a 62% de chances que la Banque du Canada maintiendra son taux directeur à 0,75% le 8 septembre prochain, en hausse par rapport à un pourcentage de moins de 40% plus tôt ce mois-ci, selon des données de la Banque Scotia. Par ailleurs, les calculs de la Banque de Montréal établissent la probabilité d'une pause à plus de 60% comparativement à environ 45% il y a une semaine.

«Jusqu'à très récemment, une hausse en septembre était vue de manière générale comme un pari sûr», a écrit hier dans un courriel Mohammed Ahmed, stratège de la Banque CIBC à Toronto. «Aujourd'hui, le marché est beaucoup moins certain, a-t-il ajouté. Les niveaux actuels sont les plus près d'un compromis observés» depuis que les taux ont été relevés il y a cinq semaines.

Sur les marchés obligataires, les prévisions tablant sur une majoration des taux d'intérêt ont changé de cap après que des rapports des autorités canadiennes et américaines eurent indiqué que la reprise économique pourrait vaciller et que l'inflation ralentit. Vendredi dernier, Statistique Canada a annoncé que les prix à la consommation avaient augmenté de 1,8% en juillet dernier comparativement à un an plus tôt, soit moins que la proportion de 1,9% estimée par les 19 économistes sondés par Bloomberg. L'inflation de base a reculé à 1,6%.

Les conjectures plus nombreuses voulant que M. Carney laisse les taux inchangés stimulent le marché des titres de dette du gouvernement canadien, poussant les taux de rendement des obligations de deux ans à un creux depuis février dernier et ceux des obligations de 10 ans à leur niveau le plus bas depuis plus d'un an.

Un répit est également susceptible d'aider les entreprises en leur permettant d'obtenir du financement moins cher. Un indice de Bank of America Merrill Lynch mesurant la performance des titres de dette émis par des entreprises canadiennes indiquait un rendement de 1,71% ce mois-ci comparativement à 0,2% en juillet dernier. Les valeurs gouvernementales offraient un rendement de 1,29%.