La bataille d'Ottawa contre les déficits budgétaires pourrait être gagnée avec un an d'avance, affirme le Conference Board du Canada dans une nouvelle analyse au sujet de l'impact de la reprise économique sur les finances du gouvernement fédéral.

LA PRESSE CANADIENNE

Selon l'analyse du groupe de recherche, Ottawa pourrait éliminer le déficit - et même afficher un surplus de 5 milliards de dollars - d'ici cinq ans.

C'est un an plus tôt que le ministre des Finances, Jim Flaherty, ne l'avait prévu dans son budget de mars, qui entrevoyait toujours un déficit de 1,8 milliard pour la dernière année financière de la période visée, soit 2014-2015.

Les projections de M. Flaherty avaient pourtant été critiquées par plusieurs observateurs et jugées trop optimistes à l'époque. Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, avait estimé qu'Ottawa ne retrouverait jamais l'équilibre budgétaire sans augmenter davantage les taux d'imposition ou réduire ses dépenses.

Mais selon les économistes Glen Hodgson et Matthew Stewart, du Conference Board, les circonstances ont beaucoup changé depuis mars, particulièrement en ce qui a trait à la croissance économique nominale - différente de la croissance du produit intérieur brut réel, plus souvent évoquée, en ce sens qu'elle offre une mesure qualitative de la production, plutôt que quantitative.

«Voilà la bonne nouvelle pour le gouvernement fédéral, ont écrit les économistes. «Le Conference Board prévoit que la croissance nominale du PIB en 2010 surpassera de façon significative (les prévisions) utilisées dans le budget fédéral.»

Selon M. Stewart, bien que la croissance du PIB réel n'ait été que modestement supérieure que celle des prévisions du budget jusqu'à maintenant, celle du PIB nominal a explosé grâce au rebond rapide des cours mondiaux des matières premières, ce qui a apporté une richesse additionnelle au pays.

Le budget s'attendait à ce que le PIB nominal progresse au rythme de 4,9 % cette année, alors qu'en fait, il semble en voie de croître de 7,2 %.

«Ce point de départ ajoute, dès maintenant, environ 5 milliards aux revenus, alors même si la croissance est plus lente par la suite, il n'est pas difficile de se retrouver dans une bien meilleure situation dans quelques années», a-t-il expliqué.

La différence est remarquable. Le déficit de cette année devrait se chiffrer à 44 milliards, plutôt que 49,2 milliards, tel qu'estimé dans le budget. Au cours des quatre prochaines années, le portrait financier du gouvernement pourrait être amélioré, au total, de 27,4 milliards par rapport à ce qui était prévu.

Malgré tout, les nouvelles sont moins bonnes pour les gouvernements provinciaux.

Selon le Conference Board, l'Ontario est aux prises avec un déficit structurel et plusieurs provinces devront mettre en place des mesures d'austérité pour réduire leur déficit.