«Ça n'arrive qu'une fois dans une vie», espère le président de la caisse de retraite Omers, l'une des plus grosses au Canada, à propos de la crise financière et du krach boursier des derniers mois.

Mis à jour le 24 févr. 2009
Martin Vallières
Martin Vallières LA PRESSE

Pourtant, cette caisse de retraite de 43,5 milliards de dollars des employés municipaux de l'Ontario s'en est tirée pas trop mal, dans les circonstances.

 

Même négatif de 15,3%, le rendement d'Omers en 2008 s'avère un peu moins mauvais que la moyenne de moins 15,9% pour l'ensemble des caisses de retraite au Canada, selon un relevé de la firme spécialisée RBC Dexia.

Du coup, Omers conserve sa place parmi les meilleurs gestionnaires de caisses de retraite canadiennes de plus d'un milliard en actif net, toujours selon RBC Dexia.

Par ailleurs, tout indique que ce recul de 15,3% d'Omers s'avérera beaucoup mieux que les résultats médiocres attendus demain à la Caisse de dépôt et placement, qui administre des dizaines de milliards provenant notamment des caisses de retraite de fonctionnaires québécois.

Néanmoins, le président d'Omers, Michael Nobrega, a dû se faire rassurant hier envers les 380 000 participants et retraités au fonds qu'il dirige depuis 10 ans.

Car l'actif net d'Omers a tout de même fondu de 8 milliards durant l'exercice 2008, passant de 51,5 à 43,5 milliards en quelques mois, surtout durant l'automne dernier.

Vu autrement, ça représente l'équivalent d'un retour en arrière de trois ans pour la valeur totale d'Omers.

«Notre caisse de retraite demeure forte, nos stratégies à long terme fonctionnent. Nous avons traversé des crises de marché auparavant et nous en sommes toujours ressortis plus fort», a soutenu M. Nobrega.

D'ailleurs, par catégories d'actifs, les rendements chez Omers s'avèrent assez variés en 2008.

Même que des catégories sont demeurées positives comme l'immobilier, qui s'est encore apprécié de 6%, et les placements en infrastructures, enrichis de 11% en 2008 selon les chiffres divulgués par Omers.

Mais ces gains sectoriels n'ont pas suffi à compenser l'ampleur des pertes de valeur (moins 19,5%) des importants placements boursiers de la caisse de retraite ontarienne.

Omers a aussi dû inscrire une dépréciation de 13,7% de ses placements en actions d'entreprises à capital fermé, ce qui est complètement à l'inverse de son objectif en début d'exercice avec ce type d'actif.

Omers et la Caisse de dépôt font partie du groupe restreint des gestionnaires de grandes caisses de retraite du secteur public au Canada.

Ce groupe comprend aussi la caisse de retraite Teachers' des enseignants de l'Ontario, la société Investissements PSP pour les caisses de retraite de fonctionnaires fédéraux, ainsi que l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada (RPC).

De ce groupe, Omers est la première à divulguer des résultats annuels pour 2008, la pire de leur histoire pour la plupart des caisses de retraite.

L'Office d'investissement du RPC, deuxième au Canada après la Caisse de dépôt avec 108 milliards d'actif, avait divulgué des résultats la semaine dernière. Mais il s'agissait de chiffres intérimaires pour son troisième trimestre terminé le 31 décembre 2008.

N'empêche, la valeur de l'actif net du RPC a chuté de 6,7%, ou 7,9 milliards, durant les seuls trois derniers mois de l'année 2008.

Sur une base annualisée, cependant, la chute de l'actif net du RPC se limiterait à 9%, ou environ 10,6 milliards.

Mais ces chiffres préliminaires ne distinguent pas l'impact sur l'actif net des entrées nettes de fonds, qui sont encore considérables au RPC par rapport à d'autres caisses de retraite issues du secteur public.