Le patron de Toyota, Akio Toyoda, a reconnu mardi que son groupe, forcé de rappeler près de 9 millions de véhicules dans le monde, s'est développé «trop vite», selon le texte d'un discours qu'il devait prononcer le lendemain devant le Congrès américain.

Mis à jour le 23 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Au cours des dernières années, Toyota s'est rapidement développé. Très franchement, je crains que le rythme auquel nous nous sommes développés ait pu être trop rapide», a admis M. Toyoda, dans ce discours dont le texte a été remis à la presse.

M. Toyoda a rappelé que les trois priorités traditionnelles du premier constructeur automobile mondial étaient, dans l'ordre: la sécurité, la qualité et les volumes de production.

«Ces priorités se sont embrouillées et nous n'avons pas pris le temps de réfléchir afin d'apporter les améliorations voulues comme nous le faisions par le passé», a-t-il ajouté, alors que les auditions sur l'affaire Toyota ont commencé mardi au Congrès en présence du patron du groupe aux États-Unis, Jim Lentz.

Comme il l'avait déjà fait depuis le début de l'affaire, le patron du groupe japonais a dit prendre «l'entière responsabilité» des défauts constatés dans des accélérateurs et des freins de plusieurs modèles, accusés d'être à l'origine d'une trentaine de décès aux États-Unis.

«Nous avons poursuivi notre croissance aussi vite que nous pouvions développer nos effectifs et notre organisation et nous devons y faire attention. Je regrette que cela se soit traduit par les problèmes de sécurité liés aux rappels auxquels nous sommes confrontés et suis profondément désolé de tout accident subi par des conducteurs de véhicules Toyota», a-t-il déclaré.

M. Toyoda a particulièrement présenté ses condoléances à une famille américaine victime d'un accident à San Diego. «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'une telle tragédie ne se reproduise pas», a-t-il promis.

M. Toyoda a assuré qu'il avait donné la priorité à la qualité des véhicules plutôt qu'aux volumes de production depuis son arrivée à la tête du groupe en juin dernier.

«Quand une voiture est abimée, c'est comme si je l'étais aussi», a-t-il lancé, rappelant qu'il est le petit-fils du fondateur du groupe.

M. Toyoda a annoncé que son groupe allait modifier son processus de rappel de voitures lorsqu'un problème est signalé, afin de mieux prendre en compte les plaintes des automobilistes. Ce processus sera décentralisé, en fonction des continents, au lieu d'être centralisé au Japon comme c'est le cas actuellement.

«Je vais faire en sorte que chaque membre de la direction conduise effectivement les voitures et qu'ils vérifient eux-mêmes où résident les problèmes», a-t-il promis.

M. Toyoda, qui s'est présenté comme un pilote d'essai, a confié qu'il avait conduit lui-même les modèles incriminés.

«Mon nom est sur chaque voiture. Vous avez mon engagement personnel que Toyota travaillera avec vigueur et sans relâche pour retrouver la confiance de ses clients», a-t-il conclu.

Il a rappelé au passage que Toyota employait 200 000 personnes aux États-Unis, où il produit des véhicules depuis 25 ans.