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Les orangers de Floride décimés par une bactérie

La propagation de la «maladie du dragon jaune» transmise... (Photo d'archives AP)

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La propagation de la «maladie du dragon jaune» transmise par un insecte est telle cette année en Floride que les autorités ont abaissé par quatre fois leurs prévisions pour la récolte à venir.

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Juliette MICHEL
Agence France-Presse
New York

La «maladie du dragon jaune» sévit plus que jamais dans les vergers d'agrumes en Floride. Résultat: la récolte d'oranges devrait chuter à son plus bas depuis 29 ans et le prix du jus est à son plus haut depuis deux ans à New York.

«J'ai l'impression qu'on est en train de perdre la bataille» face au «huanglongbing», autre nom de cette bactérie venue d'Asie, qui rend les fruits amers et les fait tomber de l'arbre prématurément, se désole Ellis Hunt.

Ce chef d'une grosse exploitation familiale à Lake Wales, dans le centre de l'État, cultive des agrumes sur 2000 hectares. À cause du microbe, sa production d'agrumes est passée en quelques années de 1 million à 750 000 caisses.

La propagation de cette maladie transmise par un insecte est telle cette année que les autorités ont abaissé par quatre fois leurs prévisions pour la récolte à venir.

Au dernier comptage diffusé début avril, le ministère de l'Agriculture (USDA) estimait qu'elle devrait atteindre 110 millions de caisses de fruits, ou 4,95 millions de tonnes. Soit 18% de moins que l'an dernier et le plus faible niveau depuis 1985, quand les vergers avaient été frappés de plein fouet par le gel. Et bien loin de la récolte record de 244 millions de caisses collectées en 1998.

Ces estimations «ont surpris les investisseurs qui ne s'attendaient pas à une telle révision à la baisse», remarque Joe Nikruto, stratège pour la maison de courtage RJO Futures.

Dans la foulée du rapport de l'USDA, le cours du jus d'orange congelé est monté à un niveau plus vu depuis fin mars 2012 sur la plateforme Inter Continental Exchange à New York: le contrat pour livraison en mai, le plus échangé, a gagné 7% en trois séances pour grimper à 1,668 dollars la livre.

Bien sûr cette hausse des cours est aussi alimentée par la sécheresse qui frappe le Brésil, premier producteur mondial de jus d'orange devant la Floride. «Mais les chiffres de l'USDA ont jeté de l'huile sur le feu», assure Joe Nikruto.

Redonner le goût du jus d'orange

Dans ses vergers, Ellis Hunt passe désormais de l'insecticide une fois toutes les quatre semaines. Mais «même en ajoutant des engrais, des nutriments, des minéraux pour tenter de renforcer l'arbre, cela ne suffit pas à enrayer la dissémination», ajoute-t-il.

Certains petits agriculteurs ont, de dépit, carrément abandonné leurs vergers car la hausse des cours ne suffit pas à compenser les pertes de production.

Les autorités se démènent pour aider l'industrie des agrumes, qui représente en Floride 9 milliards de dollars et 76 000 emplois, à garder la tête hors de l'eau.

Des millions de dollars sont consacrés à des recherches sur les façons de vaincre la bactérie. Tout en gardant à l'esprit qu'épandre des produits phytosanitaires sur les quelque 210 000 hectares et 70 millions d'arbres des vergers d'agrumes de Floride sera une tâche ardue.

«Nous verrons les gens commencer à replanter et accroitre la production dans les trois à cinq ans», assure pourtant Daniel Sleep, responsable au ministère de l'Agriculture de la Floride. «Avec l'éventail de ressources déployées, il n'y a pas d'autres issues possibles».

Mais une fois cette calamité surmontée, les exploitants devront s'atteler à une autre gageure: redonner aux Américains le goût du jus d'orange.

Les États-Unis restent de loin le premier consommateur mondial de la boisson mais sa consommation a baissé de 30% depuis 2003.

En cause: la multiplication de bouteilles en tous genres dans les rayons, dont l'eau et les sodas allégés, moins caloriques.

«Et puis le jus d'orange est étroitement associé au petit-déjeuner, et avec l'accélération du rythme de vie, nous avons tendance à sauter ce repas», souligne Daniel Sleep.

Cet aspect retient d'ailleurs les cours du jus d'orange de monter trop haut, relève Joe Nikruto. «Il est difficile de demander aux gens de payer plus pour un produit qu'ils consomment de moins en moins».




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