(Québec) Le salaire minimum pourrait dépasser 15 $ l’heure en 2023, prédit le ministre du Travail Jean Boulet, qui estime que le pouvoir d’achat des salariés au bas de l’échelle est protégé malgré l’inflation.

Publié le 31 mars
Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« C’est enclin à aller à 15 $, et peut-être plus que ça », a lancé M. Boulet jeudi en mêlée de presse. La situation s’explique par une hausse probable du salaire horaire moyen au Québec. « J’ai l’impression [qu’il] va connaître une augmentation importante cette année, et donc si ça dépasse 30 $ l’heure, on irait à 15 $ l’heure et peut-être même au-delà. Je ne suis pas fermé du tout », a-t-il expliqué.

À compter du 1er mai, le taux général du salaire minimum passera à 14,25 $ l’heure, et il se situe actuellement à 13,50 $ l’heure. C’est déjà une hausse de « 5,6 % » qui « tient compte du coût de la vie l’année dernière », a affirmé M. Boulet. Dans son budget déposé la semaine dernière, le ministre des Finances Eric Girard prévoit un taux d’inflation qui devrait atteindre 4,65 % pour l’ensemble de l’année 2022.

Il estime que le mécanisme mis en place par son gouvernement, qui « détermine » le salaire minimum en divisant par deux le salaire horaire moyen au Québec, est un juste équilibre entre « l’accroissement du pouvoir d’achat des salariés à faible revenu » et « la capacité de payer des PME qui ont été très affectées par la pandémie ».

« Ça a toujours été le calcul »

M. Boulet estime qu’il n’a pas à accélérer cette hausse, ou la devancer, même si l’inflation se fait sentir à l’épicerie, ou dans le coût du logement par exemple.

« Ça a toujours été le calcul. Pour moi, [le 50 %], c’est un critère objectif, ça tient compte de l’augmentation du salaire horaire moyen. Mais il ne faut pas oublier l’impact que la pandémie a eu sur les PME », a-t-il dit.

Il estime que depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec, la hausse du salaire minimum « est allée au-delà de l’inflation » et « a contribué à augmenter le pouvoir d’achat » des travailleurs au salaire minimum.