(Washington) Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a enregistré une croissance de 5,7 % en 2021, sa plus forte hausse depuis 1984, un fort rebond après la contraction historique enregistrée en 2020 provoquée par la pandémie, selon une estimation préliminaire du département du Commerce publiée jeudi.

Mis à jour le 27 janvier
Agence France-Presse

Les dépenses de consommation des ménages, qui représentent près des trois quarts de l’économie américaine, ont bondi de 7,9 %. Elles avaient chuté de 3,9 % en 2020.

En 2020, la crise de la COVID-19 avait provoqué une contraction de 3,5 % du PIB des États-Unis, la plus forte baisse depuis 1946.  

La croissance est plus forte qu’attendu par la banque centrale américaine (Fed) qui anticipait un rebond de 5,5 % en 2021 et par le Fonds monétaire international (FMI) qui attendait 5,6 %.

Sur le seul quatrième trimestre, la croissance s’est accélérée, à 6,9 % en rythme annualisé, bien plus qu’attendu par les analystes, qui la voyaient bondir à 5,6 %.

Le PIB du quatrième trimestre est, par ailleurs, supérieur de 3,1 % à celui du quatrième trimestre 2019, le dernier avant la pandémie de COVID-19.

Les États-Unis privilégient la croissance du PIB en rythme annualisé, c’est-à-dire par rapport au trimestre précédent tout en projetant l’évolution du dernier trimestre connu sur l’année entière. Cela permet de donner une idée de la croissance annuelle si le rythme observé sur ces trois mois se maintenait.

Mais d’autres économies avancées, comme la France, utilisent la comparaison d’un trimestre sur l’autre sans l’annualiser. En prenant ce mode de calcul, la croissance d’octobre à décembre a été de 1,7 %. Et en comparant le quatrième trimestre 2021 au quatrième trimestre 2020, comme le fait la Chine par exemple, elle s’est élevée à 5,5 %.

La croissance avait été forte en début d’année dernière, sous l’effet des plans de relance massifs qui avaient dopé les dépenses de consommation, puis d’un reflux de la pandémie grâce à une campagne active de vaccination au printemps. Elle avait ensuite rebondi de 6,4 % au premier trimestre, puis de 6,7 % au deuxième.

Entre avril et juin, la première économie du monde avait même retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Mais la croissance avait ensuite ralenti à 2,3 % au troisième trimestre, en raison de l’apparition du variant Delta.

La croissance devrait ralentir au premier trimestre 2022, plombée par un nouveau variant, Omicron, qui a provoqué une vague de malades et de cas contacts, provoquant des quarantaines par milliers chaque jour et réduisant l’activité économique.

Quant aux prix à la consommation, ils ont augmenté de 3,9 % l’an passé aux États-Unis, la plus forte hausse depuis 1990, avec une accélération au dernier trimestre (+6,5 %), selon l’indice PCE du département du Commerce, privilégié par la banque centrale américaine (Fed).

L’autre indice de l’inflation, celui du département du Travail (PCI), publié le 12 janvier, avait fait état d’une inflation de 7 % en 2021, soit la plus forte hausse depuis juin 1982.