Pour connaître l’état de santé de l’économie mondiale, on ne manque ni de statistiques ni d’indicateurs. Mais parmi les outils qui servent à la prévision, il y en a un qui est à la fois très simple et très fiable : le prix du cuivre.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le cuivre n’est pas un métal précieux, mais c’est tout comme. Depuis des décennies, son prix livre des informations précieuses sur ce qui attend les économies du monde. On le surnomme Dr. Copper, et ce n’est pas pour rien. Le cuivre entre dans la composition de tellement de produits que la demande pour le métal est un bon baromètre de l’état de l’économie.

Le cuivre est un produit de base qui se négocie sur le marché international. Son utilité pour l’humanité remonte jusqu’aux Égyptiens, qui s’en servaient à des fins thérapeutiques, notamment pour fabriquer des instruments chirurgicaux.

Les propriétés antibactériennes du cuivre ne sont qu’une des nombreuses qualités de ce métal abondant et polyvalent. Il conduit aussi bien la chaleur que l’électricité, ce qui en fait un matériau privilégié pour le secteur de l’énergie. Le cuivre est malléable et peut prendre différentes formes : fils, plaques ou tuyaux. Les toitures et les casseroles faites de cuivre peuvent défier le temps.


Aussi nombreux soient-ils, les usages du cuivre dans la vie de tous les jours ne sont pas les plus importants. Le métal est utilisé dans à peu près toutes les industries et son usage évolue. Il a déjà servi à fabriquer des pièces de monnaie, et il est moins utilisé aujourd’hui pour la plomberie domestique. Mais on ne peut pas s’en passer dans la fabrication de batteries, d’électroménagers, d’ordinateurs et d’une foule d’autres produits de la nouvelle économie. Bref, pour la plupart des industries encore aujourd’hui, le cuivre, c’est de l’or !

C’est la raison pour laquelle la demande de cuivre, qui conditionne son prix sur le marché international, est en quelque sorte un bulletin de santé de l’économie mondiale. Si on se fie au record que le prix a atteint la semaine dernière, le monde est en feu. La tonne de cuivre se vend actuellement autour de 10 000 $ US, son niveau le plus élevé depuis 10 ans. Son précédent record, en 2011, était de 10 190 $ US, et il présageait plusieurs années de vaches grasses pour l’économie.

Le secteur du cuivre a été brièvement malade de la COVID-19 l’an dernier. Quand l’économie mondiale s’est arrêtée en mars 2020, son prix a atteint un creux de 4371 $ US. Il a plus que doublé depuis et se situe à un niveau plus élevé qu’avant la pandémie.

Des jours meilleurs à prévoir


Cette fulgurante remontée s’explique par la reprise rapide dans le pays devenu l’usine du monde, la Chine. À elle seule, la deuxième économie en importance consomme la moitié de tout le cuivre produit sur la planète. Les perspectives de croissance des économies des pays industrialisés s’améliorent aussi à mesure que la vaccination progresse. Des jours meilleurs sont à venir, selon Dr. Copper.

Des jours meilleurs sont à prévoir aussi pour les producteurs de cuivre, dont le Chili est le plus important. À lui seul, le Chili produit près du tiers des quelque 20 millions de tonnes de cuivre extraites chaque année.

Pays de mines, le Canada produit aussi du cuivre, mais en quantité relativement modeste. Il vient surtout de la Colombie-Britannique et de l’Ontario. Au Québec, on se spécialise surtout dans le recyclage du cuivre avec Glencore, qui exploite la fonderie Horne à Rouyn-Noranda et l’affinerie CCR à Montréal-Est.

Le cuivre peut être récupéré et refondu jusqu’à atteindre un degré de pureté de 99,9 %. La beauté de la chose, c’est que le cuivre de récupération se vend presque aussi cher que le métal de première génération. Un autre atout pour ce métal indispensable.