(Ottawa) La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a déclaré que le pays avait besoin d’une augmentation de l’offre de logements pour aider à rendre les prix plus abordables, mais a laissé entendre que les gouvernements pourraient prendre d’autres mesures.

Jordan Press
La Presse Canadienne

S’exprimant lors d’un évènement virtuel jeudi, Mme Freeland a affirmé que le gouvernement fédéral souhaitait travailler avec les autres ordres de gouvernement sur la question, soutenant que les villes, les provinces et Ottawa pouvaient faire plus ensemble.

Mme Freeland n’a pas précisé quelles autres options pourraient être disponibles au cours de son entretien d’une heure avec la Chambre de commerce du Grand Vancouver.

Le budget fédéral de lundi a prévu 2,4 milliards sur cinq ans, à commencer par près de 1,8 milliard dans le présent exercice, pour des logements abordables et a promis de taxer les propriétaires étrangers de logements vacants au Canada.

Mme Freeland a déclaré que le gouvernement tiendrait compte des préoccupations d’endroits comme Whistler, en Colombie-Britannique, où une taxe sur les logements vacants pourrait être problématique pour les Américains qui possèdent des propriétés de vacances dans la région.

Bien que le logement ne doive pas être utilisé par les acheteurs étrangers pour stocker passivement leur richesse, Mme Freeland soutient que les enjeux d’accessibilité sont d’abord et avant tout un problème d’approvisionnement.

« Une chose sur laquelle nous voulons travailler avec les provinces et les municipalités est vraiment de trouver des moyens de plus en plus créatifs d’augmenter l’offre de logements au Canada », a déclaré Mme Freeland lors de l’évènement, l’un des nombreux conçus pour promouvoir des mesures budgétaires.

« Cela dit », a-t-elle ajouté un instant plus tard, « je pense qu’il est également important de s’assurer qu’il y a des mesures en place pour décourager la spéculation, et en particulier des mesures en place pour s’assurer que les maisons au Canada ne deviennent pas des véhicules de stockage de la richesse. Ce n’est pas leur but. Les maisons au Canada sont destinées aux familles canadiennes. »

Le gouvernement fédéral a dû faire face à des pressions croissantes pour intervenir sur le marché chaud de l’habitation au Canada, où le prix de vente moyen en mars a atteint un record de 717 000 $, une augmentation d’une année à l’autre de 32 %, selon l’Association canadienne de l’immeuble.

L’endettement élevé des ménages était une préoccupation économique majeure avant la pandémie, et une note de recherche publiée ce mois-ci par le personnel de la Banque du Canada a souligné que même si les taux hypothécaires sont à des niveaux historiquement bas, les ménages très endettés demeurent financièrement vulnérables.

La note de recherche, que la banque publie, mais n’est pas une politique officielle, indique que la part des prêts hypothécaires nouvellement émis avec des ratios prêts/revenus supérieurs à 450 % a considérablement augmenté depuis le début de la pandémie.

Plus tôt ce mois-ci, le régulateur bancaire fédéral a proposé de resserrer le test de résistance et de fixer le taux d’admissibilité pour les prêts hypothécaires non assurés au taux contracté plus deux points de pourcentage ou 5,25 %, selon le plus élevé des deux.

Mme Freeland devrait décider de toute modification du test de résistance pour les prêts hypothécaires assurés. Lundi, la ministre disait seulement que le gouvernement suivrait de près les consultations du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).