(Washington) La Réserve fédérale américaine a assuré qu’elle n’augmenterait pas ses taux d’intérêt de sitôt, mais de nombreux économistes américains, dans un sondage publié lundi, pensent qu’elle pourrait être obligée de les relever dès l’année prochaine.  

Agence France-Presse

La National Association for Business Economics (NABE) rapporte que 46 % des participants interrogés estiment que la Réserve fédérale (Fed) va augmenter ses taux en 2022, tandis que 28 % pensent qu’elle le fera en 2023, bien qu’une majorité des membres votants de la Réserve fédérale (Fed) aient indiqué la semaine dernière qu’ils ne comptaient pas les relever avant 2023.

Seuls 12 % pensent que le taux sera modifié après 2023.

L’enquête NABE est le dernier signe que les économistes tablent sur une accélération de l’inflation, consécutive au déploiement du paquet de mesures de 1900 milliards de dollars adopté par le Congrès qui succède à d’autres injections massives d’argent frais dans l’économie américaine pendant la pandémie.

Certains économistes redoutent désormais une surchauffe de l’économie avec une montée en flèche des prix.

En mars 2020, alors que la pandémie entraînait la paralysie totale de l’économie, la Banque centrale avait abaissé ses taux.

Son président Jerome Powell a indiqué la semaine dernière qu’elle les maintiendrait dans cette fourchette comprise entre 0 % et 0,25 % tant que le plein emploi durable ne serait pas atteint et jusqu’à ce que l’inflation atteigne un niveau soutenu de 2,0 %.

Cependant, les économistes sont sceptiques.

L’enquête NABE rapporte ainsi que 61 % des personnes interrogées pensent que les risques d’inflation sont plus importants qu’au cours des deux dernières décennies.  

L’enquête a été menée avant même l’approbation au Congrès du plan de sauvetage de Joe Biden.

Les économistes se sont en outre montrés divisés sur la perception de la réponse budgétaire à cette crise puisque 33 % des personnes ayant répondu ont déclaré que la réponse du gouvernement était adéquate – en légère diminution par rapport à l’enquête précédente d’août 2020 –, tandis que 37 % ont déclaré qu’elle était insuffisante, également légèrement en baisse.

Pour 18 %, cette aide est excessive, en légère hausse par rapport au mois d’août.  

Les États-Unis ont dépensé plus de 5000 milliards de dollars en aides depuis le début de la pandémie, ce qui va faire grimper cette année le déficit budgétaire à son deuxième niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale cette année, selon l’office du budget du Congrès.

La dette nationale atteindra, elle, 102,3 % du PIB.  

Selon la NABE, 88 % des sondés sont préoccupés à des degrés divers par le niveau de la dette.