(Washington) Le représentant américain au Commerce sortant, Robert Lighthizer, a exhorté lundi la future administration Biden à maintenir les tarifs douaniers contre la Chine à quelques jours de l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche.

Agence France-Presse

« Nous avons transformé la façon dont les gens se représentent la Chine », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au Wall Street Journal.

« Nous avons transformé la manière dont les gens envisagent le commerce et nous avons changé les modèles », a-t-il ajouté.

« J’espère que cela va continuer », a souligné l’ambassadeur de Donald Trump, qui a été l’artisan d’une politique dure contre Pékin.

La guerre commerciale avec le géant asiatique aura duré près de deux ans.

Dans cet entretien, M. Lighthizer estime que cette politique, qui s’est traduite par l’imposition de taxes douanières punitives sur des centaines de milliards de dollars de marchandises chinoises, a profité aux travailleurs américains même si cette conclusion est contestée par certains économistes.

Il met en garde contre un retour en arrière soulignant que la politique consistant à dialoguer, initiée entre les deux pays dans les années 90, « n’a rien donné ».

« Ce fut juste une perte de temps », a-t-il insisté alors que l’administration Trump avait mis sur le devant de la scène le profond déséquilibre commercial entre les deux géants économiques, les pratiques commerciales « déloyales » de Pékin qui subventionne ses entreprises et qui oblige les entreprises étrangères à transférer leur savoir-faire technologique pour pouvoir faire affaire dans le pays.

Confrontée à 370 milliards de dollars de droits de douane supplémentaires, la Chine avait fini par signer, il y a un an, un accord comprenant une hausse des achats de biens et services américains représentant 200 milliards de dollars sur deux ans.

Pékin s’est aussi engagé à ouvrir ses marchés financiers et à alléger la pression sur les entreprises américaines pour qu’elles transfèrent leur technologie.  

La bataille commerciale avait secoué les marchés mondiaux pendant des mois, créé un climat d’incertitude durable dans le monde des affaires, aigri l’opinion des Américains sur la Chine et réduit les échanges entre les deux économies.

Pour autant, la guerre douanière n’a pas conduit au désastre économique que certains experts avaient prédit. La principale conséquence aux États-Unis a été la hausse des prix de nombreux produits importés.  

Les économistes s’accordent à dire que l’administration Biden ne devrait pas infléchir sérieusement la politique commerciale américaine.

Début décembre, Joe Biden avait lui-même souligné son intention de rester ferme avec la Chine en faisant front commun avec ses alliés historiques tels que l’Union européenne. Un changement de stratégie, en somme, plus que de politique.